Samedi "Je Crois" - Allez à : 

Décembre 2002 : Noël 

8 Mars 2003 : Le Carême 

24 Mai 2003 : Ascension et Pentecôte

15 Novembre 2003 (Nouvelle série 2003-2004) : La prière 

 


 

NOEL

" Samedi je crois " Déc 2002

Ou, comme disait un vieux moine : " secoue ton arbre pour que tous les faux dieux dégringolent … "

Pour découvrir le sens profond de Noël, c'est un peu comme lorsqu'on ouvre un paquet cadeau : il faut ôter les décorations pour accéder à ce qui est caché au cœur … En revenant à l'extrême sobriété des textes évangéliques, en remettant les images de Noël à leur juste place, essayons de retrouver le pur joyau qu'est l'Incarnation du Verbe de Dieu …

D'OU VIENT LE MOT " NOEL " ?

D'OU VIENT LA CRECHE ?

Les jeux liturgiques ( spectacles sacrés ) de la Nativité naissent au XI° siècle, avec l'autel de l'église pour centre ( parce qu'après la fin de sa vie terrestre, c'est dans l'Eucharistie que le Christ est présent ). C'est dans cet esprit que pour la messe de Noël 1223, François d'Assise rassembla les habitants de Greccio, en Ombrie ( Italie centrale ), dans une grotte où l'on avait disposé une crèche garnie de foin et amené un bœuf et un âne véritables : François reconstituait ainsi, de manière très parlante pour des paysans, l'humble cadre de la venue du Sauveur sur terre. Par contre, aucune représentation de Marie et de Joseph, ni même de Jésus : celui-ci était présent dans l'eucharistie que l'on célébrait. La tradition a fait de cette célébration de Greccio la première crèche.

Les crèches permanentes dans les églises apparaissent en Italie en XV° siècle. Les crèches temporaires se multiplient, et des traditions locales apparaissent ( personnages en bois, en argile … ). Ex : les santons de Provence ( santoun, petit saint )

D'OU VIENNENT LE BŒUF ET L'ANE ?

Ils ne sont pas évoqués dans l'Evangile, mais uniquement dans un évangile apocryphe, celui du pseudo-Matthieu ( VI°s ). C'est une référence au prophète Isaïe : " le bœuf a connu son maître et l'âne la crèche de son maître ". Ils ont évidemment eu beaucoup de succès dans des sociétés essentiellement rurales !

D'OU VIENT L'ARBRE DE NOEL ?

Il a pris la suite de l'arbre du Paradis, beaucoup utilisé au Moyen-Age dans les mystères ( spectacles liturgiques ), et qui était placé, chargé de fruits, au centre de la scène.

Il apparaît semble-t-il en Alsace au XVI° s ; la région de Sélestat en revendique la paternité. Il était alors, raconte-t-on en Alsace, suspendu par la tête, et garni de fruits différents selon que les récoltes de l'année avaient été bonnes ou non. Au siècle suivant se répand la coutume de l'illuminer avec des bougies. Cet usage se généralise en Europe du Nord au XIX°s. Ce n'est qu'en 1912 que naît l'habitude de dresser un arbre illuminé sur la place publique ( à Boston, U.S.A. ) Le succès du sapin en tant qu'arbre de Noël s'explique sans doute par le fait qu'il ne perd pas son feuillage, il est toujours " vivant ", et aussi par le fait que c'est un arbre très répandu en Europe du Nord.

QUE SIGNIFIENT LES COURONNES DE L'AVENT ?

Les quatre bougies que l'on allume progressivement marquent évidemment les quatre semaines de l'Avent. On sait moins qu'elles sont censées symboliser quatre grandes étapes de l'histoire du Salut :

QUEL EST LE SENS DU GUI ET DU HOUX ?

Leur symbolisme est antérieur au christianisme. Le gui était plante sacrée chez les Gaulois, qui lui attribuaient des pouvoirs de guérison et de protection contre les sorts. Quand deux ennemis se rencontraient sous le gui, ils devaient observer une trêve jusqu'au lendemain : c'est l'origine du gui placé sur une porte en signe d'hospitalité.

On attribuait également au houx des pouvoirs contre les sorts et contre la foudre. En Europe du Nord, le christianisme attribua un symbolisme religieux à cette plante piquante, dans laquelle on a vu l'évocation du buisson ardent de Moïse et de la couronne d'épines de Jésus.

PARLONS UN PEU DES MAGES …

Seul l'Evangile de Matthieu parle de ces personnages venus d'Orient, sous la conduite d'un astre, pour " adorer le roi des Juifs qui vient de naître ". Matthieu s'adresse à des judéo-chrétiens ( chrétiens d'origine juive ), et il est soucieux de leur montrer que Jésus est bien le Messie annoncé dans l'Ancien Testament. Cet épisode répond à deux textes précis : Is 60,2-6 : " les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever (…) tous ils se rassemblent, ils viennent vers toi (…) ils apporteront de l'or et de l'encens et se feront les messagers des louanges du Seigneur " et le Ps 72,10-11 : " les rois de Tarsis et des îles enverront des présents ; les rois de Saba et de Séva paieront le tribut. Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront ". Bien sûr, le texte de Matthieu ne donne ni le nombre, ni les noms, ni la couleur de peau des mages, et ne parle pas de rois … le seul roi, c'est Jésus !

C'est sur ces textes que s'est bâtie plus tard la légende concernant les rois mages, notamment dans les évangiles apocryphes. On fit venir les mages de Perse car l'astrologie avait toujours été à l'honneur dans ce pays. C'est au V°s que saint Léon et Origène décrétèrent qu'il y avait trois mages. La tradition de leurs noms ( Gaspard, Melchior et Balthazar ) remonte au VII° ou VIII°s, celle des races ( un blanc, un jaune, un noir, en signe d'universalité ) au XV°s. Le nom de mages, donné notamment aux prêtres perses, pouvait s'appliquer à tout savant, devin ou astrologue étranger au monde juif. Quant à la notion d'Orient, il faut savoir que pour un Judéen, " l'Orient " désignait tout ce qui était à l'Est du Jourdain …

LES RECITS DE LA NAISSANCE DE JESUS

On n'oubliera pas que deux évangiles sur quatre ( Marc et Jean ) ne disent pas un mot de la naissance de Jésus.

La comparaison des textes des deux évangiles parlant de cette naissance est fort intéressante :

Matthieu 1 : Annonce à Joseph ( propre à Mt ) . La naissance-même : ½ verset . Visite des Mages ( propre à Mt ) . La fuite en Egypte ( propre à Mt ) . Le massacre des innocents ( propre à Mt ) . Retour d'Egypte et établissement à Nazareth ( propre à Mt ). En tout : 30 versets.

Luc 1-2 : Annonce de la naissance de Jean Baptiste ( propre à Lc ) . Annonce à Marie ( propre à Lc ) . Visite de Marie à Elisabeth ( propre à Lc ) . Naissance et circoncision de Jean Baptiste ( propre à Lc ) . Jeunesse de Jean-Baptiste ( propre à Lc ) . Naissance et circoncision de Jésus ( 21 versets ) . Présentation de Jésus au Temple ( propre à Lc ) . Jeunesse de Jésus ( propre à Lc ). En tout 115 versets.

Il n'y a qu'un point réellement commun entre les deux récits : la naissance virginale de Jésus. Nous avons deux récits racontant le même événement de manières totalement différentes : nous sommes donc dans l'univers des traditions. Nous avons ici affaire à deux traditions radicalement différentes, et à des rédactions élaborées en fonction de communautés radicalement différentes. On notera ( ce qui est souvent négligé, voire ignoré ) l'extrême sobriété du récit de la naissance de Jésus chez Mt ( un demi verset ! ), et l'étonnant parallèle très soigneusement établi par Lc entre Jean Baptiste et Jésus.

QUAND JESUS EST-IL NE ?

Il est probablement né en … 5 ou 6 avant lui-même ! On ne connaît pas précisément l'année de naissance de Jésus, on ne peut faire que des suppositions. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce n'était absolument pas une préoccupation pour les gens de l'époque … L'Etat-Civil n'existait pas ! Grâce à des calculs et des recoupements un peu complexes et qui ne nous intéressent pas ici, nous savons avec une quasi certitude la date de la mort de Jésus : 7 Avril 30. Comme sa mission ( sa vie publique ) a duré environ 2 ans ½, elle a dû commencer aux alentours de l'automne 27.

Or, saint Luc précise : Jésus, à ses débuts, avait environ 30 ans ( Lc 3,23 ). Cette indication permet de déterminer l'année approximative de sa naissance : comme il n'y a pas d'année zéro, le chiffre 30 ôté de 27 aboutit à - 4 ( l'an 4 avant notre ère ).

Affinons cette première approche avec les autres éléments fournis par les évangiles de Lc et Mt : Jésus est né sous Hérode le Grand ( Mt 2,1 : " Jésus étant né à Bethléem de Judée au temps du roi Hérode" ; Lc 1,5 : " il y avait au temps du roi Hérode … " ). Par ailleurs, d'après Lc 2,2, le déplacement de Marie et Joseph à Bethléem fut occasionné par le recensement ordonné par Quirinius, gouverneur de Syrie. C'est là que les choses se compliquent…

En effet, on ne connaît qu'un recensement ordonné par Quirinius, et il eut lieu …. en l'an 6 de notre ère ! Quant à Hérode le Grand, il mourut en l'an 4 avant notre ère !

Puisque Lc et Mt concordent sur le règne d'Hérode, les historiens privilégient cet indice-là plutôt que celui du recensement. Jésus est donc né avant la mort d'Hérode : en - 5 ? - 6 ? Un indice pousse à cette datation : on sait que les recensements ( effectués tout simplement pour trouver des contribuables et des soldats ) avaient lieu généralement tous les 12 ans : il y aurait donc eu un autre recensement en - 6, ce qui confirmerait la naissance de Jésus à cette date.

Ces imprécisions n'ont rien d'étonnant : on ignore la date de naissance précise de la plupart des grands hommes de l'Antiquité. Aujourd'hui encore, dans des civilisations de tradition orale, beaucoup de nos contemporains ignorent leur âge exact ( c'est par exemple le cas de beaucoup d'Africains )

Le principe de compter les années à partir de la naissance du Christ est venu tardivement ( VI°s ). Pour tout arranger, notre système de datation repose sur les calculs ( faux ) d'un moine du VI°s, Denys le Petit, qui s'est trompé en établissant ce nouveau calendrier : on avait jusque là comme repère la fondation de Rome ; Denys fait commencer l'ère chrétienne en l'an 754 de la fondation de Rome, alors que c'était en fait 750 : il a donc involontairement établi un décalage de 4 ans.

Puisque l'année de la naissance de Jésus est hypothétique, on ignore évidemment encore davantage le jour et l'heure, qui ne sont évoqués dans aucun livre du Nouveau Testament. Le texte de Luc semble suggérer une naissance nocturne, Matthieu n'en dit rien du tout. Dès le II°s, on célébrait le 6 Janvier le baptême du Christ et la " manifestation " ( epiphaneia ) de sa divinité, sans aucun souci de date anniversaire. Au IV°s, on célèbre à cette date à la fois la naissance de Jésus, son baptême et les noces de Cana ( les trois premières " manifestations ", épiphanies, de Jésus ).

Pourquoi le 6 Janvier ? Sans doute pour christianiser une fête païenne de certaines villes d'Orient, fête qui célébrait la naissance d'un dieu né d'une Vierge. Il s'agissait probablement d'un culte lié au solstice d'hiver. La date du 25 Décembre devint officielle ( pour l'Occident ) en 353 : en effet, il existait des fêtes ( les Saturnales ) célébrant la remontée du soleil sur l'horizon. Ces fêtes précédaient celles de Janus ( cf. Janvier ), dieu à deux faces, l'une tournée vers le passé, l'autre vers l'avenir.

De nombreux autres cultes païens célébraient aussi le retour du soleil. Les chrétiens s'y adaptèrent, donnant à ces fêtes le sens de la fête de la venue de la vraie lumière, celle du Christ. Ainsi la fête de la Nativité fut-elle fixée au 25 Décembre, soit à la fin des Saturnales. Cette datation arbitraire remonte à l'époque de la fin du règne de Constantin, mort en 337.

L'heure de minuit est tout aussi symbolique : c'est l'heure qui marque l'arrivée d'un nouveau jour. La tradition fixant à minuit la naissance de Jésus se réfère à un passage du texte biblique du livre de la Sagesse ( 1° siècle avant J.C. ) : " alors qu'un silence paisible entourait toutes choses et que la nuit parvenait au milieu de sa course rapide, du haut des cieux ta parole toute puissante s'élança du trône royal ". Or le Christ est le Verbe, la Parole de Dieu ( cf. le prologue de l'Evangile de Jean : " le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous ", Jn 1,14 ). La source la plus ancienne connue parlant de la naissance de Jésus au milieu de la nuit, est une hymne latine du IV°s.

On conserva en Occident la date du 6 Janvier ( qui restait en Orient celle de la Nativité ) pour fêter la " manifestation " ( Epiphanie ) du Christ aux nations païennes, symbolisées par les mages.

Ce n'est qu'au X°s qu'on fit précéder cette fête d'un temps de préparation : l'Avent.

OU JESUS EST-IL NE ?

Tout le monde répond, unanime : à Bethléem en Judée. Est-ce si sûr ? La tradition chrétienne l'affirme. Acceptons-la sans arrière-pensée. Il n'en reste pas moins vrai que, sur le strict plan des textes évangéliques, il subsiste quelques zones d'ombre ….

On peut tout-à-fait accepter l'idée que Joseph, bien qu'habitant la Galilée, soit allé en Judée ( région d'origine de sa famille ) pour se faire recenser : on sait que l'administration romaine a utilisé le même procédé pour le recensement de l'Egypte. Par contre, lorsque Luc écrit : " la ville de David qui s'appelle Bethléem ", cela pose question car, dans l'Ancien Testament, quand on parle de la ville de David, il s'agit toujours de Jérusalem.

On peut aussi envisager que Joseph habitait à Bethléem au sein de sa famille, et qu'il serait allé chercher Marie à Nazareth pour la ramener chez lui. Ce n'est pas impossible, car il y avait toujours un délai assez long entre la promesse de mariage et la vie commune des époux.

Les deux généalogies de Jésus ( Mt 1 et Lc 3 ) sont sensiblement différentes ; un exemple : elles ne donnent pas le même père à Joseph ! Ce n'était pas extraordinaire à l'époque : les généalogies n'étaient pas destinées à relater l'histoire d'une famille, mais à " démontrer " l'origine ( noble de préférence ) de quelqu'un. C'est pour cela que, sur le fond, les généalogies de Mt et de Lc concordent, en affirmant que Jésus est fils d'Abraham et fils de David. Elles semblent donc destinées à affirmer la descendance davidique de Jésus. Or, le Messie attendu devait être de la descendance de David.

Mt et Lc affirment tous les deux que Jésus est né à Bethléem, pays natal de David. Bien. Mais les récits diffèrent sur des points importants : d'après Lc 2,4, c'est en raison du recensement que la famille de Jésus s'est rendue à Bethléem : " Joseph aussi monta de la ville de Nazareth en Galilée à la ville de David qui s'appelle Bethléem en Judée, parce qu'il était de la famille et de la descendance de David ". La sainte famille aurait donc, semble dire Luc, habité Nazareth avant la naissance de Jésus et y serait retournée ensuite. D'après Mt, la famille de Jésus semblerait être établie à Bethléem en Judée, et c'est seulement après la fuite en Egypte qu'elle se serait fixée à Nazareth en Galilée (2,23 ) : " il se retira dans la région de Galilée et vint habiter une ville appelée Nazareth "…

Tout se passe comme si la tradition qui fait naître Jésus à Bethléem, en lien avec ses origines davidiques, soit enracinée dans une double conviction très ancienne et très forte : celle d'un Messie issu de la lignée de David et naissant à Bethléem comme David lui-même.

Dans le récit de la visite des Mages, Matthieu dit : Mt 2,3-6 : " (Hérode) assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et s'enquit auprès d'eux du lieu où le Messie devait naître. A Bethléem de Judée, lui dirent-ils, car c'est ce qui est écrit par le prophète : et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es certes pas le plus petit des chefs-lieux de Juda : car c'es de toi que sortira le chef qui fera paître Israël, mon peuple ". Bien. Un petit détail toutefois : c'est que Matthieu n'hésite pas à retourner complètement la phrase du prophète Michée qui est citée. En effet, le prophète a écrit ( Mi 5,1 ) : Et toi, Bethléem Ephrata, trop petite pour compter parmi les clans de Juda, c'est de toi que sortira celui qui doit gouverner Israël …Matthieu fait donc dire à Michée exactement le contraire de ce qu'il a dit, ce qui ne change rien au fond de l'affaire : c'est de Bethléem que doit venir le Messie.

Ce qui nous semblerait à nous une manœuvre quasiment malhonnête était courant à l'époque : on maniait l'Ecriture avec beaucoup de liberté, comme un bien de famille dont on dispose à sa guise. Et si Matthieu transforme aussi le texte de Michée en remplaçant Bethléem Ephrata par Bethléem terre de Juda, c'est tout simplement parce qu'il existait deux villages appelés Bethléem, et que l'évangéliste voulait éviter la confusion : s'il s'agit du Bethléem de David, c'est forcément de celui de Juda, au Sud, qu'il s'agit.

Tout semble donc authentifier la naissance de Jésus, descendant de David, à Bethléem. Mais on trouve un texte troublant en Jn 7,41-43 : " Parmi les gens de la foule qui avaient écouté ses paroles, les uns disaient : vraiment, voici le Prophète ! D'autres disaient : le Christ, c'est lui ! Mais d'autres encore disaient : le Christ pourrait-il venir de la Galilée ? L'Ecriture ne dit-elle pas qu'il sera de la lignée de David et qu'il viendra de Bethléem, la petite cité dont David était originaire ? C'est ainsi que la foule se divisa à son sujet ". Si l'évangéliste connaissait la naissance de Jésus à Bethléem et son ascendance davidique, pourquoi n'en parle-t-il pas ? Pourquoi ne fait-il pas remarquer que ces gens sont dans l'erreur ? Ces gens qui sont là et qui connaissent Jésus ignorent-ils qu'il est censé être né à Bethléem ? Nulle part, Jn ne parle de la naissance de Jésus à Bethléem. Jésus lui-même parle de Nazareth comme sa patrie. D'autres sources - non bibliques - font naître Jésus à Nazareth, où il passe de toute manière au moins toute son enfance, et sans doute davantage. Alors, Jésus de Nazareth … né à Nazareth ou né à Bethléem ? Historiquement, les deux hypothèses sont plausibles. Jésus, Juif Galiléen, est-il né à Bethléem en Judée ? Nazareth est-elle la ville de sa famille, ou une ville-refuge ? Ce qui est clair, c'est que toute prétention messianique devait passer par ces deux critères : descendre de David et naître à Bethléem. On ne peut pas en dire davantage. Mais conservons la tradition de la naissance à Bethléem …

ET LA GROTTE ?

Matthieu ne dit rien sur l'endroit de la naissance de Jésus. Le texte de Luc parle de " salle d'hôtes " sans plus de précision. La tradition de la grotte apparaîtra au II°s. Qu'en est-il ?

Le village de Bethléem était construit sur une colline calcaire. Cette colline était creusée de nombreuses grottes naturelles qui servaient d'habitations aux familles modestes. La grotte où Jésus serait né comportait sans doute, comme beaucoup d'autres, deux salles, séparées par un étranglement de la roche. La première salle était celle où l'on vivait habituellement ; la salle du fond servait en général de remise et d'étable. A cause du manque de place, Marie et Joseph se seraient donc installés dans la deuxième salle, à l'endroit où se trouvent les animaux ( ce qui donnera plus tard naissance à la légende du bœuf et de l'âne ), ce que tendrait à prouver la présence de la mangeoire. Il n'est pas impossible qu'il n'y ait pas eu de place s'il y avait effectivement beaucoup de gens venus à Bethléem pour le recensement. Mais il ne faut sans doute pas faire une lecture trop misérabiliste de ce récit …

Ce texte est un simple commentaire, une simple " compilation ", une " mise en ordre " de textes empruntés à des gens bien plus compétents que moi :

Traduction utilisée : T.O.B.

Philippe BERNARD