1ére séance
Les sacrements et la vie
Définition du sacrement
(Pourquoi avons-nous besoin de sacrements)
Vous avez vu le programme de ces causeries et vous vous êtes aperçus que c'est seulement vers la fin que nous parlerons des sept sacrements. Il ne faut pas commencer notre réflexion par le point d'arrivée. Dès les origines, les premières communautés chrétiennes pratiquaient le baptême et se réunissaient pour "la fraction du pain", selon l'expression que l'on donnait alors à l'eucharistie. Puis les Pères de l'Église dirent que les sacrements, c'était des signes de Dieu, une réalité divine présente dans une réalité humaine. Ils parleront de signes du salut posés par le Christ dans les évangiles, des signes de foi de l'Église : non seulement le baptême et l'eucharistie (la fraction du pain comme disaient les premiers chrétiens), mais plus largement le credo ou le Notre Père…Au cours de l'histoire l'Église a fixé sept sacrements (le chiffre parfait). Nous reverrons cela par la suite.
Alors qu'est-ce que c'est que les sacrements ? On peut lire dans l'Apocalypse que Dieu est "celui qui est qui était et qui vient". Oui, Dieu est là parmi nous et, en même temps, il ne cesse de venir vers nous. Il veut communiquer avec nous, se communiquer, communiquer sa vie, donner sens à notre vie. Il veut faire de nous ses enfants et nous donner sa vie en plénitude. A nous de l'accueillir, de l'écouter, de choisir de devenir les disciples de son Fils Jésus et de marcher à sa suite.
Or les sacrements, ce sont des lieux de rendez-vous avec Dieu, des lieux rencontre privilégiés que nous offre Dieu, où il se rend présent, particulièrement dans le moments importants de notre vie. Ce sont des moments où il nous fait don de sa grâce, de son Esprit, de son souffle qui viendra nous dynamiser, nous transformer et transformer notre vie. Les sacrements sont même l'essentiel de ce qui fait notre vie en Église.
Aujourd'hui beaucoup pensent qu'ils peuvent directement entrer en communication avec Dieu ou bien , dans notre société où seul compte l'individu, chacun se bricole pour son compte un système de croyances qui correspond à ses aspirations et à ses expériences. La foi ou plutôt la croyance devient alors le plus souvent pure opinion, pure intériorité, pure vision subjective du Christ ou projection rêvée d'un Christ idéalisé, mais en même temps refusé dans le visage réel de son incarnation.
Mais notre foi n'est pas comme une ligne directe avec Dieu, elle s'exprime nécessairement par des gestes, des rites, une communauté, une Église. D'ailleurs, dans toute la Bible, les signes de Dieu viennent de la terre et non du ciel comme l'attendaient les pharisiens. Ils viennent de la vie ordinaire des hommes : un aveugle qui se met à voir, un paralysé qui se met à marcher. Et la nature des sacrements se place là même. "Va te laver sept fois dans le Jourdain", disait déjà à Namaan, chef de l'armée du roi d'Aram, l'envoyé d'Élysée le prophète (2 R 5,10). "Va te laver à la piscine de Siloé", dit Jésus à l'aveugle de naissance (Jn 9,7). "Convertissez-vous, que chacun d'entre vous reçoive le baptême pour le pardon de ses péchés et vous recevrez le don du St Esprit", dira Pierre à ceux qui veulent entrer dans l'Église naissante (Ac 2,38).
Certes "Dieu, personne ne l'a jamais vu", Dieu n'est pas accessible pour l'homme, ni connaissable. Or, dans l'Ancien Testament, les israélites demandent constamment à voir Dieu, mais c'est impossible. Voir l'histoire d'Élie à l'Horeb ( 1 R 19, 5-14).
Mais, au soir du jeudi saint il y a un dialogue important (Jn 14, 6-9) . Durant leur vie avec Jésus, les disciples ont découvert le vrai visage de Dieu. C'est la grande nouveauté : Dieu est venu parmi les hommes pour se faire connaître, il s'est fait homme comme nous, il a vécu parmi nous. On découvre donc Dieu dans la vie d'un homme, dans la vie des hommes. Et c'est cela les sacrements.
Dans ma jeunesse, les sacrements c'était "Quelque chose de plus" garantissant le salut, une sorte de remède ou de vaccin protégeant contre un destin maléfique, un fortifiant pour la lutte contre le mal,…Et la grâce, donnée par le sacrement, était considérée comme un avoir, une valeur que l'exécution correcte du rite (du sacrement) par le ministre légitime conférait de façon quasi mécanique et automatique. A l'opposé, la non-réception, par exemple du baptême pour les enfants mourant à la naissance ou du sacrement des malades, qu'on appelle couramment "l'extrême onction", laissait planer un doute sur la possibilité d'être sauvé.
Il y a une autre comparaison que certains faisaient aussi pour nous faire comprendre ce qu'étaient les sacrements : on associait la question des sacrements avec le contenu d'un bocal. Chaque sacrement représentait une partie du contenu de ce bocal. Il fallait pour mourir en paix et être sur d'être sauvé "avoir eu" tous les sacrements, avoir donc rempli tous son bocal. La foi et les dispositions du propriétaire du bocal ne comptaient presque pour rien, le rite du sacrement donnait la grâce attachée audit sacrement de façon quasi- automatique.
Les sacrements ne sont pas magiques, ils sont une pratique, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas seulement des cérémonies qui soulignent des moments de la vie : baptême, première communion, mariage, … mais un comportement, une façon d'être au milieu des autres hommes. On ne peut réduire les sacrements une cérémonie. Pensez au sacrement de mariage, par exemple, ce n'est pas seulement la cérémonie à l'église, mais toute la vie qui est en cause dans l'engagement pris par les mariés. Les sacrements ne se réduisent donc pas à des rites, mais engagent aussi la réalité de la vie et la communication entre Dieu et l'homme. Donc les sacrements sont de l'ordre d'une pratique, mais pas seulement une pratique liturgique, ils impliquent un comportement, une façon d'être au milieu des hommes en relation avec Dieu et avec les autres.
Je disais donc que Dieu est venu parmi nous, il s'est fait l'un de nous, il s'est incarné et comme dit le passage d'évangile que nous venons de lire : "Qui m'a vu a vu le Père". C'est pourquoi St Augustin dit que le Christ est sacrement de Dieu et la source de tous les autres. Le Christ est l'image de Dieu, il nous montre Dieu. Le Concile Vatican II dira la même chose de l'Église et des sept sacrements.
Donc dire que Jésus est sacrement, c'est commencer à découvrir le rôle qu'il joue pour nous montrer le chemin vers Dieu.
Dire que l'Église est sacrement, c'est aussi affirmer qu'elle poursuit la mission de Jésus-Christ
et quand les chrétiens vivent les sacrements, ils deviennent, à leur tour, signes de la rencontre de Dieu et de l'homme.
Ce sont ces points que nous allons voir maintenant.
Jésus-Christ, premier sacrement
Donc Jésus n'est pas seulement un homme, il signifie Dieu, il est présence de Dieu.
St Jean dit :
Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même !
au contraire, c'est le Père qui, demeurant en moi, accomplit ses propres œuvres.(Jn 14,10)
Cette parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé (Jn 14,24)
Lorsque l'on dit que Jésus est sacrement et signe du salut et du Royaume, on ne veut pas seulement dire qu'il annonce le salut et le Royaume ou qu'il en montre le chemin, il en est la réalisation, il est l'Emmanuel, Dieu-avec-nous, c'est cela le Royaume, il est ressuscité, c'est cela le salut.
Relisons encore St jean :
Le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait ; il lui montrera des oeuvres plus
grandes encore, de sorte que vous serez dans l'étonnement. Comme le Père, en effet,
relève les morts et les fait vivre, le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. (Jn 5, 20-21)
Ma nourriture, dit Jésus au chap. 4, v 34, est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé
et d'accomplir son œuvre.
Jésus ne révèle pas seulement Dieu par son enseignement, mais par la totalité de sa vie. Dieu, par le Christ, se fait l'un de nous, il se donne au monde. Le Christ est Parole de Dieu incarnée, Verbe fait chair, Image du Père. Il est chemin vers le Père, serviteur de Dieu en même temps que serviteur des hommes.
Voyons un peu maintenant ce qui s'est passé après l'Ascension. Dans les actes des Apôtres, tout de suite après la Pentecôte, nous est raconté l'histoire de la guérison d'un infirme qui mendiait à la porte du Temple. Vous vous rappelez cette histoire. Pierre et Jean se rendent au Temple pour prier. (Ac 3,1-10) A la Belle Porte, un infirme leur demande l'aumône. Pierre alors le regarde et lui dit :" De l'or ou de l'argent, je n'en ai pas ; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ, le Nazôréen, marche"
Pierre comprend ce qui lui est demandé : prendre la suite du Christ, imiter le Christ. Il lui est alors donné de refléter le visage du Christ : il fait ce que la Christ faisait, il guérit l'infirme. Et il ne le fait pas comme revêtu lui-même de la toute puissance, il le fait au nom de Jésus-Christ. D'ailleurs l'auteur des Actes insiste dans la suite du texte sur cette expression puisqu'il la répète à plusieurs reprises.
Il faut mettre en rapport cette guérison miraculeuse avec le tout début des Actes. A l'Ascension, Jésus-Christ leur dit : "vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous (ce qui va se passer immédiatement après dans le livre des Actes avec le récit de la Pentecôte). vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre" (Ac 1,8). Immédiatement après la Pentecôte, les actes rapportent cette guérison qui est le premier exemple de ce témoignage que les Apôtres d'abord, puis les chrétiens ont reçu mission de donner. Les actes sont donc là pour nous dire que la première communauté chrétienne découvre là qu'il lui est à la fois demandé et donné de présenter au monde les traits du visage de Dieu tel qu'il est apparu dans Jésus. Mais avec l'aide de l'Esprit qui vient de lui être donné. L'Esprit Saint, c'est l'Esprit de Jésus. Il est donné à tous et à chacun, comme on le voit bien dans le récit de la Pentecôte :" Ils virent apparaître des langues qu'on eut dites de feu ; elles se partageaient et il s'en posa une sur chacun d'eux. Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint…". (Ac 2, 3-4). c'est donc l'Esprit de Jésus qui donne à chacun d'être témoin et qui rassemble la communauté en en faisant le Corps du Christ.
C'est ainsi que les premiers chrétiens ont découvert que leur mission n'était pas seulement d'annoncer l'Évangile, le Christ, mais encore de témoigner aux yeux de tous qu'il était toujours vivant et agissant. S'il n'y avait pas aujourd'hui des hommes et de femmes, des communautés qui vivent l'amour du Christ et qui en sont les témoins agissant, comment pourrait-on découvrir Dieu ?
Voilà, nous sommes là au cœur de la théologie des sacrements, alors on peut essayer de donner la définition de ce qu'est un sacrement :
On peut donc dire que le sacrement est présence de Dieu, oeuvre de l'Esprit et envoi en mission. Nous allons retrouver ces trois aspects en ce qui concerne l'Église comme sacrement du Christ et les sacrements de l'Église eux-mêmes.
L'Église, sacrement du Christ
La mission de l'Église est de prolonger celle du Christ dans l'histoire. Alors si le Christ est le sacrement de Dieu, de la même manière l'Église est le sacrement du Christ. Essayons de lui appliquer les trois éléments que nous avons retenus à propos du Christ.
* L'Église est présence du Christ. Les derniers versets de l'évangile de Matthieu rappellent les dernières paroles du christ à ses disciples :
"Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du fils et du saint Esprit et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde".". (Mt 28, 19-20) ,
d'ailleurs, il avait déjà dit : "Là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux "(MT 18,20)
De même que nous avons dit que l'important était de bien comprendre que plus important que les paroles de Jésus était le fait qu'il était présence de Dieu dans le monde, de même l'Église en peut se contenter de transmettre son enseignement, elle doit être le lieu où est reconnue et accueilli la présence du Ressuscité
* L'Église, témoin de Jésus. L'Église n'est pas un but en soi, elle est un chemin. Son rôle est de montrer un autre, de désigner le Christ comme le sauveur du monde, de notre péché, de son péché. Elle conduit les hommes au Christ qui, lui-même les conduit au Père. Elle n'est que le Corps dont le Christ est la tête.
Comme le Christ ne dit pas ses propres paroles, amis celles de celui qui l'a envoyé, l'Église ne dit pas ses propres paroles, mais celles du Christ, elle ne fait pas ses propres oeuvres, mais celles du Christ . Moyen de salut, elle est plutôt signe de salut. Elle est en même temps sauvée et à sauver. En elle, il y a du péché car elle est composée de pécheurs. Comme l'ancien Israël, elle proclame une parole qui juge le monde, mais la juge aussi elle-même, c'est là sa grandeur.
* L'Église, servante du monde. Elle ne peut se refermer sur elle-même. Elle n'a de sens que comme témoin de la Bonne Nouvelle. Elle a une mission. Et, pour ce faire, elle doit se faire servante des hommes parce que servante de Dieu, comme le Christ s'est fait serviteur de ses frères parce que serviteur des son Père.
C'est pourquoi toute communauté chrétienne doit des poser la question : quelle part de ses ressources, ses forces met-elle au service de ses membres et quelle part au service des autres. Attention au repli sur soi-même !
Comme nous l'avons fait pour le Christ, nous retiendrons trois éléments qui caractérisent l'Église comme sacrement :
1/ Elle est sacrement lorsque l'Esprit lui donne d'accueillir la présence du Christ et d'en vivre. 2/ elle est sacrement lorsqu'elle s'efface devant son Seigneur, en le désignant comme la tête du Corps. Elle annonce alors vraiment l'Évangile du christ.
3/ elle est sacrement quand elle ne se tourne pas vers elle-même, amis est au service du monde. Elle fait alors oeuvre de salut.
Qu'en est-il enfin des sacrements de l'Église ?
L'Église elle-même n'est pas visible… les chrétiens sont dispersés dans le monde. Comme le dit un très ancien écrit du 2è siècle, l'Épître à Diognète, "ils habitent les mêmes maisons que les autres, font les mêmes métiers, s'habillent comme tout le monde". ils mènent la même vie que les autres, mais la mènent autrement. Ils ne sont visibles comme chrétiens que si et quand ils confessent leur foi et la vivent. C'est ce à quoi les appellent les sacrements de l'Église, leur vie devient tout entière sacramentelle.
Nous disons qu'il y a sept sacrements (sept, chiffre symbolique qui signifie la totalité). nous en parlerons en détail dans une séance ultérieure. Chacun de ces sept sacrement correspond bien à la notion de sacrement telle que nous avons essayé de la définir.
* Le sacrement est présence de Dieu par l'Esprit. Il n'est pas seulement des paroles pour annoncer Jésus-Christ, il n'est pas non plus une proclamation. Il est un moment où on accueille l'Esprit de sorte qu'il fasse son oeuvre, il rend alors possible la manifestation du visage de Dieu dans notre vie. Avant d'être une cérémonie religieuse, le sacrement est une réalité de notre vie. La réconciliation, par exemple, ne se limite pas à une cérémonie pénitentielle ou au passage par le confessionnal, elle est réconciliation entre nous, réconciliation avec Dieu. On accueille l'Esprit pour qu'il nous donne de vivre une vie réconciliée. Dans le sacrement le Christ, par l'Église, nous donne son esprit pour que nous soyons à son image et que nous vivions de sa vie. C'est pourquoi les sacrements ne sont pas seulement à recevoir, comme on dit, mais à vivre;
*Le sacrement est accueil et soumission à l'Esprit.
Le sacrement témoigne d'une richesse qui vient d'un autre que de nous-mêmes, il est accueil du don de Dieu, le don de l'Esprit saint. L'Église s'efface devant ce don. De même quand la communauté se rassemble pour l'eucharistie, elle n'est pas propriétaire de ce qu'elle célèbre, elle annonce la venue d'un autre qu'elle-même et elle rend grâce pour cette venue.
*Le sacrement envoie au service du monde
Il ne s'agit pas de s'enrichir soi-même, si je puis dire, en recevant les sacrements. On ne reçoit pas un sacrement pour être en règle avec les commandements de l'Église, comme on disait autrefois, ou même pour solenniser un moment important de la vie. On ne reçoit pas l'Esprit du Christ pour le garder mais pour le porter au monde. Les sacrements ne sont pas seulement un moyen de salut pour chacun d'entre nous, ils sont moyens de salut pour le salut du monde.
Je lisais, cet été, dans un numéro du journal La croix, que, je cite, "bon nombre de catholiques, au lieu de donner la priorité à l'engagement social, préfèrent se recentrer sur une dimension intérieure qui constituent pour eux l'essentiel de leur foi". certes la foi est une réalité qui se vit d'abord au plus profond de l'esprit et du coeur, mais la foi n'est authentique que si elle s'exprime et se manifeste dans toutes les dimensions de notre vie. Elle est sel et lumière, elle est action, elle est appelée à transformer le monde.
Un exemple tout simple : quand je pardonne à quelqu'un, je deviens sacrement du pardon, je dévoile le visage de Dieu qui est pardon, miséricorde, comme Jésus l'a fait lui-même.
Nous retrouvons donc pour les sacrements, les éléments que nous avons déjà relevés pour Jésus et pour l'Église :
- Tout sacrement est présence de Dieu par l'Esprit dans la vie du croyant. - Tout sacrement implique que l'Esprit est source de notre agir. Il est donc annonce de l'Évangile.
- Tout sacrement nous envoie au service de nos frères. Il contribue au salut du monde.
J'espère vous avoir un peu montré la richesse de la notion de sacrement. Nous sommes partis de Jésus Christ et de sa relation à Dieu, nous avons ensuite regardé la relation de l'Église à son Seigneur, tout cela pour donner à l'homme sa pleine dimension de fils de Dieu et frère du Christ. Pour aller plus loin, la prochaine fois, nous regarderons ce que vivaient les premières communautés chrétiennes.