Notre église Saint Joseph a été élevée sur l’emplacement d’un immeuble qui comprenait une cour entourée de remises pour voitures et d’écuries, et de bâtiments d’habitations. La série d’évènements sensationnels et dramatiques qui s’y étaient déroulés l’avait fait dénommer « la cour des miracles »
La première pierre fut bénie le 19 mars 1909 (Pie X pape, Mgr Amette archevêque de Paris, Mgr Fages délégué, M. Baston curé de Saint Michel). Un lambeau sanglant des vêtements d’Hippolyte Debroise fut inséré dans les fondations. Hippolyte Debroise était un jeune du patronage qui s’était déplacé à Dugny pour la procession de la Fête-Dieu le 2 juin 1907. Au retour le pèlerinage fut agressé par une bande de jeunes voyous qui tirèrent des coups de revolver sur le groupe (le quartier des Epinettes et son patro).
Le 24 mai 1910 Mgr Amette venait bénir cette église. Si le gros oeuvre était fait, il restait encore à la meubler, à l’aménager. Il fallut attendre un mois avant de la livrer au culte et on commença par les cérémonies de la Première Communion et de la Confirmation.
« Le souvenir qui reste à ceux qui ont vécu ces débuts de notre paroisse c’est celui d’une très grande union entre les membres du clergé d’une part, entre le clergé et les fidèles d’autre part.
Cet esprit de famille, de simplicité et de cordialité a toujours été maintenu et développé, c'est pourquoi on a voulu que le titre du journal paroissial fut « En Famille ». » (En famille, juin 1935)
L’église est une construction en ciment armé due à l’architecte Paul Thomas. Elle a la forme classique d’une croix et est éclairée par des vitraux et deux grandes verrières ; la hauteur de la voûte est de 17 m, elle contient normalement 900 places. Sous l’église se trouve une crypte de 300 places. Au fond de l’église, une tribune contient un orgue en cours d'amélioration (en 2012).
Dans les premiers temps, il y avait au fond du chœur une statue de Saint Joseph, au dessus du maître-autel. A gauche la chapelle et l’autel de la Sainte Vierge et à droite la chapelle et l’autel de Saint Clément.
En 1935 à l'occasion des noces d'argent de la paroisse (et vu le mauvais état des murs) de grands travaux de restauration furent entrepris grâce à une souscription auprès des paroissiens. Nouvelles décorations, nouveau chemin de croix, crypte restaurée, terrasses refaites entièrement (En Famille 1935).
Les peintures étaient dues à André Bourgeois, le panneau du fond derrière le maître-autel représentait Saint Joseph. Le transept gauche consacré à la Sainte Vierge. De l’autre côté, l’autel de Saint Clément (Pape martyr, condamné aux travaux forcés dans une île de la méditerranée, il découvrit une source pour faire boire ses compagnons et ses geôliers. Il fut précipité dans la mer une ancre au cou, mais les flots se retirèrent laissant à découvert une petite chapelle où se trouvait le corps du martyr). Au fond du transept droit une image du Sacré-cœur. Autour de la verrière, quatre personnages ailés et nimbés représentant les quatre évangélistes.
En 1935 un nouveau chemin de croix, bas-relief peints, en ciment, exécuté par mademoiselle Richon décore le pourtour de la nef et remplace le précédent (en bronze).
Il semble que l’autel de Saint Clément soit demeuré jusqu’en 1962. Ensuite, étant donné le mauvais état des murs, les infiltrations, etc. … d’autres travaux ont dû être entrepris, ce qui a donné l’église d’aujourd’hui.
Le Christ actuel est dû à Noël Pasquier. Il a sculpté
un Christ ressuscité. Les bras ouverts, il accueille le peuple de Dieu :
« le Christ nous dit simplement, à chacun : tu existes ».
Traduction du texte écrit en latin derrière le maître-autel en 1935 : « tel un arbre dans la maison du Seigneur, le juste germera comme le lys, fleurira comme le palmier, et comme un cèdre du Liban il étendra ses branches ».