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1ère Rencontre 2003-2004 : Samedi 15 Novembre 2003 par le Père Hubert Louvet
L
A PRIEREIntroduction
:Il est difficile de parler de la prière. Elle est beaucoup plus objet d'expérience que de discours...Cette expérience est dans une large mesure indicible.
La prière est l'acte de s'adresser à Dieu, le plus souvent pour demander.
Pour Sainte Thérèse de Lisieux, la prière est un élan du coeur, un simple regard jeté vers le ciel, un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie (Catéchisme universel p.519).
1) Le chemin de la prière:
Il faut une attitude de recueillement; le silence est préférable: non seulement passage au calme mais passer de la dispersion intérieure à la présence et de la somnolence à l'éveil de notre foi!
Avoir une attitude, un coeur de pauvre: être prêt à vouloir ce que Dieu veut.
Le Christ Jésus est pour nous chemin de la prière. Grâce à Lui et à son Esprit Saint, nous pouvons appeler Dieu du nom de Père: "Je suis le chemin, la vérité et la vie"(Jean14,6). Si nous ne savons pas prier, l'Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse (Romains 8,26-28).
A.) La prière peut être individuelle: s'adresser à Dieu comme un ami parle à un ami. Jésus nous dit :"Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître; je vous appelle amis car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître"( Jean 15,15). Chacun de nous en fait l’expérience : quand on a un ami, il convient de lui parler au risque de voir le lien qui nous lie à lui s’attiédir. La parole est donc vitale dans une relation humaine, tout particulièrement dans un couple puisqu’on conseille aux conjoints de vraiment prendre le temps d’une parole vraie. Il en va de même avec le Seigneur. Nous avons besoin de l’écouter et de lui parler si nous voulons sentir sa présence. Parmi les formes de prière individuelle, on peut distinguer : l’oraison, la méditation de l’Ecriture, l’adoration du saint sacrement, le partage de la Parole de Dieu, le chapelet ou le rosaire (voir 3).
B.) La prière est aussi souvent communautaire: "lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux". Les formes de prière individuelle évoquées plus haut gagnent à être pratiquées ensemble, à plusieurs. Même en silence, une communion se crée dans la prière. La messe ou l'Eucharistie est le temps privilégié de la prière d'une communauté où on se nourrit de la Parole de Dieu et du corps du Seigneur. « L’eucharistie fait l’Eglise et l’Eglise fait l’eucharistie » disait le père de Lubac. Que deviendrait une communauté qui ne pourrait jamais célébrer l’eucharistie ? L’eucharistie réalise vraiment l’unité dans le Christ d’une communauté.
La prière des heures
Elle est récitée par les prêtres et les religieux. De plus en plus de laïcs s’associent à cette prière et la récitent seuls ou en groupes. Elle comporte plusieurs offices dans la journée : laudes ou la louange du matin, office de milieu du jour, vêpres ou prière du soir, complies ou prière avant le repos de la nuit et un office des lectures qui peut être lu à n’importe quel moment de la journée. Les offices sont composés d’un hymne, de plusieurs psaumes, d’un ou de plusieurs passages de la parole de Dieu, d’une intercession, le matin ou le soir du Notre Père, d’une oraison pour conclure. Complies comporte une prière mariale : Salve Regina par exemple. L’office des lectures comporte un hymne, des psaumes, un long passage de l’Ecriture et une lecture tirée des Pères de l’Eglise, cad de commentaires de l’Ecriture qui peuvent remonter aux premiers siècles. La liturgie des heures est établie sur un cycle de quatre semaines et célèbre toutes les fêtes chrétiennes ou mariales de même qu’elle permet de faire mémoire des saints qui intercède pour nous ( les vivants ont tendance à exclure les morts tandis que les morts incluent les vivants !).
Récollection ou retraite:
Un temps privilégié de silence et de prière pour rencontrer Dieu. Il est le plus souvent vécu à plusieurs. Une récollection désigne plutôt un temps court à la différence d’une retraite dont le terme évoque davantage le choix de quitter ses habitudes pour aller au désert rencontrer le Seigneur. Jésus lui-même priait et se retirait pour prier :on le voit dans l’Evangile particulièrement chez Luc qui insiste le plus sur la prière de Jésus. Il se retirait volontiers au désert : celui ci est à la fois un lieu aride et le lieu du combat spirituel contre Satan ( pensons aux tentations de Jésus au désert) mais aussi le lieu privilégié de la rencontre de Dieu. Dans le livre d’Osée, Dieu parle à son peuple qu’il appelle se fiancée et lui dit : « Je vais te séduire à nouveau, je te conduirai au désert et je parlerai à ton cœur ». Il est bon de vivre cette expérience. Souvent le catéchisme ou l’aumônerie des collèges et lycées permet cette découverte. Une paroisse comme la nôtre propose une récollection en début de carême, ce sera le week end des 7 et 8 Février en 2004. On peut aussi choisir de partir à un autre moment dans une abbaye ou un centre spirituel.
:Le pèlerinage
Depuis que Dieu s’est révélé au peuple hébreu, il est usuel de partir en pèlerinage pour le rencontrer, cad de marcher au sens propre à sa suite. Déjà dans la première alliance, il y avait beaucoup de pèlerinages, par exemple à Jérusalem. Aujourd’hui encore, nous voyons l’impact important des pèlerinages, le rayonnement d’une ville comme Lourdes, le dynamisme suscité par le Fraternel pour les collégiens ou lycéens d’Ile de France ou par les Journées Mondiales de la Jeunesse organisées ou suscitées par le Vatican. Certains pèlerinages ne comprennent pas beaucoup de marche. Il y a toujours cette notion de quitter ses habitudes, son domicile pour rencontrer le Seigneur et aussi pour le rencontrer avec d’autres. Un pèlerinage comme celui de Compostelle connaît aujourd’hui encore un grand succès. Taizé, ce village bourguignon où habitent une communauté œcuménique fondée par Frère Roger, a aussi un rayonnement important auprès des jeunes. Cette communauté organise chaque année entre Noël et le Jour de l’An un rassemblement dans une capitale européenne. Ce fut d’ailleurs à Paris en 2002.
2) Le rythme de la prière:
La prière est un dialogue. " Parle, Seigneur, ton serviteur écoute" (1Samuel 3,10).
Il est bon de partir de la Parole de Dieu . Elle nous permet de nous décentrer pour nous mettre à l'écoute du Seigneur.
La prière peut se faire adoration c'est à dire reconnaître que Dieu est digne de tout honneur et de toute gloire.
Elle peut se faire admiration, louange (Psaumes 8,103,150,..).
Elle peut être aussi demande de pardon (Psaume 50) ou désir de communion.
Elle peut être également intercession ( prier pour quelqu'un, vivant ou mort): le "Notre Père" est la prière que Jésus a apprise à ses disciples. Elle comporte beaucoup de demandes.
Pour que notre vie soit prière, il faut des temps fixes de prière. D'où le Dimanche.
Quand prier? Où? Combien de temps? La régularité est sans doute le plus important. Prier aussi avec son corps est une dimension importante.
Il n'est pas nécessaire de ressentir quelque chose pour penser que la prière est bonne. L'essentiel est l'acte de foi de se mettre devant Dieu.
Déroulement possible:
Commencer par un geste de recueillement, un signe de croix. Se mettre en présence de Dieu. Méditer un texte de la Parole de Dieu. Méditer, c'est penser à Dieu; prier, c'est lui parler. Conclure par un "Notre Père" ou un "Je vous salue Marie". Recueillir ce qui a pu nous marquer au cours de cette prière: telle phrase de l'Evangile. Eventuellement le noter.
3) Comment prier?
:* les prières simples
Notre Père, Je vous salue Marie: il est important de prier la Vierge Marie, la mère de Dieu et la mère des hommes. Elle nous guidera toujours vers son Fils.
* méditation sur un texte ( en général la Parole de Dieu).
Choisir par exemple l'Evangile du jour ( on peut s'aider des revues: "Prions en Eglise" ou "Magnificat"). Il est bon d’avoir lu les textes du Dimanche avant de participer à la messe dominicale. Le partage d’Evangile est une forme de prière pratiquée maintenant à la paroisse chaque Dimanche à 9h30. Il s’agit de lire ensemble les textes et de partager sur la signification pour nous aujourd’hui dans notre vie de cette parole de Dieu. On voit ainsi combien la Parole de Dieu permet de juger les pensées du cœur, combien elle est plus tranchante qu’un glaive. On mesure aussi qu’elle est savoureuse comme le miel ainsi qu’il est dit dans le livre d’Ezéchiel.
* oraison avec le Christ. Oraison sur l'Evangile.
Ecouter le Christ pour lui obéir. Scène de rencontre avec un personnage. Je m'identifie au personnage objet de la rencontre.
Regarder le Christ pour l'imiter à travers sa vie: naissance, baptême, Passion, Transfiguration, Résurrection,...
L’oraison est le cœur à cœur avec Dieu en principe dans le silence. On peut partir de la Parole de Dieu puisque le Christ est la Parole, puisque la Parole de Dieu est lumière sur notre route.
* Prière ou oraison de pur recueillement ou de simple regard vers Dieu.
Pas par l'intermédiaire d'un texte. Pas d'effort de l'homme.
* Prière du chapelet ou du rosaire
En contemplant les mystères de l'existence terrestre du Christ. Le chapelet est une prière mariale. Il s’agit de prier Marie à partir d’une contemplation des mystères de la vie du Christ : mystères joyeux, douloureux, glorieux et maintenant lumineux depuis que le pape a introduit ses 5 mystères : Baptême du Seigneur,Cana, annonce du Royaume, Transfiguration, institution de l’eucharistie,.. Le chapelet est récité à saint Joseph du Lundi au Vendredi à 17h à l’oratoire. La prière mariale est dans la tradition tout spécialement recommandée le Samedi.
* L’adoration du saint sacrement
Mise en avant par le Pape dans son encyclique : « L’Eglise vit de l’eucharistie ». L’adoration est la première attitude de l’homme qui se reconnaît créature devant son créateur. Pour l’adoration du saint sacrement, il s’agit de contempler Jésus présent dans le pain de vie exposé sur l’autel et de l’adorer le plus souvent en silence même si un chant,un passage de l’Ecriture lié à l’eucharistie ou une intercession peuvent guider la prière.
A Saint Joseph, la prière tient une place importante à travers l’eucharistie célébrée une ou plusieurs fois par jour, le partage d’Evangile du Dimanche, le temps du Mercredi de 19h30 à 20h qui alterne adoration du saint sacrement (1ère semaine du mois), prière des vêpres ( 2ème semaine), méditation en musique à partir de la vie des saints ou des événements de la vie de l’Eglise ( 3ème semaine), méditation à partir des psaumes ( 4ème semaine).
4) Prière et vie:
* La prière porte à agir en chrétien.
Effort moral, progression dans la connaissance de Dieu et de son amour.
* La vie chrétienne renvoie à la prière.
Vivre sa prière et prier sa vie.
* Saint Paul nous dit:" Priez sans cesse!". Quel sens pour nous?
* Prière de "vigilance" ou examen de conscience
Très conseillé en fin de journée.
* Prière charismatique:
Chants en langues. Charisme possible mais non essentiel. Un groupe a existé à Saint Joseph. Le plus proche se trouve à Ste Marie des Batignolles.
* Prière oecuménique :
Pour l'unité des chrétiens. Semaine de l'unité une fois par an du 18 au 25 Janvier cette année. Un groupe de prière à la manière de la communauté de Taizé se retrouve à Ste Marie des Batignolles. Le repas partagé organisé le Samedi à saint Joseph est une initiative œcuménique.
* Prière pour la mission :
Chaque année en Octobre existe une semaine missionnaire mondiale. C’est l’occasion de prier pour les missionnaires, de créer des liens entre Eglises.
* Prière pour les vocations :
Il y a un Dimanche appelé Journée mondiale des vocations mais ce jour nous rappelle que c’est tout au long de l’année que nous sommes invités à prier pour les vocations de toute sorte : mariage, sacerdoce, vie religieuse, diaconat, vie consacrée,etc..
Conclusion:
Un prolongement naturel de cet exposé serait de se mettre à l'école des grands priants à travers la Bible: Abraham, Moïse, Jérémie; la prière des psaumes; celle de Jésus, de Saint Paul. Il faudrait compléter par la prière des saints qui peuvent aussi nous aider à aller vers Dieu: Saint Benoît, Saint Bernard, Sainte Thérèse d'Avilla et Sainte Thérèse de Lisieux. Il y a aussi des revues avec des prières contemporaines comme la revue:"prier".
Un autre prolongement possible est le parcours des pages 519 à 581 du Catéchisme Universel de l'Eglise Catholique (Editions Mame Plon 1992).
Je recommande tout particulièrement la lecture de deux livres sur la prière :
d’ André Sève « Trente minutes pour Dieu » (Le Centurion 1974)
d’André Louf « Seigneur, apprends nous à prier » ( Lumen Vitae).
16 Novembre 2003-Père Hubert Louvet