P. louvet : « Le prêtre est l'homme de tous »

D'un saint Joseph à un autre... mais jamais très loin du périph' ! En septembre, le P. Hubert Louvet sera curé de St-Joseph des Nations (11e)

· Naissance: le31 août
1958àChâteauroux (Indre).

· Ordination : le 25 juin
1994.

· Dernier ministère :
Vicaire à St-Joseph des Epinettes (17e), 

aumônier du collège Mallarmé et du lycée Balzac,

aumônier JOC/JOCF.

Cité des fleurs : une adresse aux senteurs de lilas qui pourrait bien cacher la misère... On s'attend alors à un vilain endroit où cité rimerait avec tour et fleur avec béton.
Mais non. Le presbytère de St-Joseph des Epinettes (17°), qui abrite le P. Hubert Louvet depuis tout juste deux ans, est situé dans une petite rue aussi charmante qu'insoupçonnée. Pas de voitures, pas de bruit, juste le bruissement des arbres et le bourdonnement des abeilles dans les fleurs. Le P. Louvet nous propose alors un petit tour du « propriétaire »... et ne cache pas son attachement au jardinet empli de rosés... On pourrait, encore un peu, prolonger le décor bucolique, transformer le jeune prêtre en jardinier et l'imaginer, les dimanches après-midi, armé d'un sécateur... Mais on se tromperait de personnage. Le P. Hubert Louvet ne prend pas beaucoup le temps de bêcher le jardin du presbytère.

L'appel des marges. Depuis son ordination en 1994, il a la bougeotte le P. Louvet. Souhaite-t-il rattraper cette période d'hésitation après HEC, qui le fit entrer au séminaire après plusieurs années de vie professionnelle ? Qu'importe, en vélo, en métro ou à pied, il est toujours sur les routes. Á N.-D. de la Croix (20e) où il a passé 8 ans ou à St-Joseph des Epinettes, il a ce qu'on pourrait appeler « l'appel des marges » : « un souci apostolique renforcé par mon expérience à la JOC », confie-t-il modestement. Qu'il s'agisse de rendre visite aux malades et aux personnes âgées, ou de faire en sorte de proposer des activités que les personnes de condition modeste puissent payer, le P. Hubert Louvet a le désir de rejoindre les gens en périphérie de la communauté paroissiale. Il a d'ailleurs beau vivre dans un charmant cocon depuis deux ans, c'est en banlieue qu'il se voit le mieux, dans les vraies cités. Pas celles des fleurs. « Je souhaite me rendre disponible aux personnes qui en ont le plus besoin, dit-il. Quel dommage que les forces apostoliques ne soient pas mieux réparties ! Quand on pense qu'en banlieue, des tas de jeunes ne bénéficient pas de prêtres... ».

Un homme heureux. Car pour Hubert Louvet, passionné par l'accompagnement d'équipes de jeunes - « c'est décapant de s'occuper des quatrièmes/troisièmes », s'exclame-t-il - le prêtre a une valeur d'exemple très importante dans la construction d'un jeune. « Dans une Église dont l'encadrement auprès des jeunes est fortement féminin, explique-t-il, le prêtre est une référence masculine importante, notamment pour ceux, de plus en plus nombreux, qui grandissent dans des familles monoparentales. » Lui-même, quoique issu d'une famille nombreuse classique, a été fortement marqué par la figure du P. Gonzague Chatillon, lorsqu'il était à St-Jean de Passy ( 16e). « Sa joie de vivre et son écoute m'ont accompagné dans ma vocation, confie-t-il. C'est un homme heureux dans son ministère, et cela se voit. » Un peu comme le P. Louvet, en somme. 

o Isabelle O'Neill

Paris Notre-Dame N°1052 du 22 juillet 2004