Formation 2005-2006

 

-16-17 janvier 2006 : L'Oecuménisme, par le Père Philippe Bernard

- 6-7mars 2006 : De la solidarité à la charité, par Philippe Mercier, diacre

- 3-4 avril 2006 :  " l'Eglise et les questions de société : de Léon XIII à Jean-Paul II, la doctrine sociale de l'Eglise ", par le Père Robert POINARD

 

 


 

 

De la SOLIDARITE à la CHARITE

 

Dans l’encyclique « Deus caritas est », Benoît XVI écrit:  « En pratique, l’Église, comme Église, comme communauté, dans son mode institutionnel, doit aimer. Et ce que l’on appelle “la charité” n’est pas une pure organisation comme les autres organisations philanthropiques, mais l’expression nécessaire de l’acte plus profond de l’amour personnel par lequel Dieu nous a créés, suscitant dans notre cœur de nous porter vers l’amour, reflet du Dieu amour qui nous transforme à son image. »

 

Par amour il nous a créé, par amour il se donne pour nous dans l’eucharistie, même et unique pain qui fait de chacun de nous un même corps , l’église, et donc des êtres unis et solidaires…

 

Partage, entraide, solidarité, fraternité, accueil, amour et charité… De jolis mots que chacun rêve de mettre en pratique…." Quand on rêve seul, cela reste un rêve ; quand on rêve ensemble, c'est le début de la réalité " (proverbe brésilien).

 

1 - Quelques définitions

Dans les Dictionnaires

Solidarité : de solidaire ( du latin solidus : entier : (qui a de la consistance, dont les parties sont adhérentes ; par opposition à fluide, fragile, liquide))

Etat de dépendance mutuelle entre les hommes, qui fait que les uns ne peuvent être heureux et se développer que si les autres le peuvent également !!!.

Le fait de la solidarité sociale a donné naissance à de nombreuses théories morales, dont le principe commun est que l’individu, par le fait seul qu’il naît et se développe au sein d’une société, profite de tous les efforts antérieurs et doit en revanche contribuer au bien commun !

Solidaire : qui lie plusieurs personnes, se dit de personnes qui répondent en quelque sorte les unes des autres !

 

Charité : de caritas ( du latin carus cher ), amour de Dieu et du prochain

Une des 3 vertus théologales : vertu qui porte à faire ou à désirer le bonheur d’autrui

vertu théologale, foi, espérance & charité ; aimer Dieu par dessus tout et notre prochain comme nous mêmes pour l’amour de Dieu :référence à  1er commandement Rm 8,28-30

¨      synonymes : Complaisance, condescendance   contraire :  égoïste, inhumain

Bureau de charité, Dames de charité, frères (STJde Dieu) et sœurs de la charité ( StVdP )

Hôpital de la charité ( paris 1602 médicis / 1936  fac de médecine ST Pères)

Charitable : qui a de la charité pour son prochain ; qui fait des aumônes, doux et indulgent ;

Recherche de l’origine du mot charité en  hébreux, grec et latin ( avec le document écrit )

 

Dans La Bible

Les évangiles synoptiques nous révèlent le mystère de la Charité et de l’Amour de Dieu

Dans le sermon sur la montagne, Jésus opère un changement fondamental «  vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens…moi je vous dit : «  aimez vous …même vos ennemis ! »

C’est Jésus qui nous révèle le mystère de la Charité : c’est le plus grand commandement ! aimer Dieu, aimer votre prochain !

Pour saint Paul

Charité c’est  l’amour dont Dieu nous aime, l’amour dont aimons Dieu, l’amour dont nous aimons nos frères : ils ne font qu’un….voir note e de 1Co 13 ( lire )

Pour saint Jean :

Dieu est source de Charité ( agapè )                C’est une initiative gratuite , ( don )                  Etre charitable c’est demeurer en Dieu                        Cela conduit à la charité fraternelle                   Dont le fruit est : nous sommes amis ( philia ) de Dieu ( DCE de 3 à 9 )

 

Catéchisme de l’Eglise Catholique

Les commandements …(2084-2094),….A la question « quel est le plus grand commandement de la Loi ? » Jésus répond « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ; voilà le 1er et le plus grand commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. A ces deux commandements se rattache toute la loi, ainsi que les prophètes » Mt 22, 37-40

L’amour des pauvres (2443 à 2463)…. …Mt 25,40 : « chaque fois que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »…

 

La charité (1822): « la foi dans l’amour de Dieu enveloppe l’appel et l’obligation de répondre à la charité divine par un amour sincère » en énumérant les fautes contre cet amour : indifférence, ingratitude, tiédeur, acédie ( paresse spirituelle) et haine de Dieu ( orgueil)…

L’égalité entre les hommes se construit dans leurs différences: égale dignité…égalité des droits…même nature et même origine, mais Mt 25,14-30 ou Lc 19,11-27 : les « talents » ne sont pas distribués également…et cela rend par nature les hommes interdépendants : chaque homme a besoin des autres… c’est la solidarité humaine ! 1939 : « le principe de la solidarité, énoncé sous le nom d’ « amitié » ou de « charité sociale » est une exigence de la fraternité humaine et chrétienne ! »

 

Le 7ème Commandement « tu ne voleras pas »  défend de prendre ou retenir le bien du prochain injustement et de faire lui tort en ses biens de quelque manière que ce soit : il prescrit la justice et la charité dans la gestion des biens terrestres et des fruits du travail des hommes (CEC 2402 ;  La solidarité est une vertu éminemment chrétienne . Elle pratique le partage des biens spirituels encore plus que matériels !!« cherchez d’abord le royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît » Mt 6,33… d’où les applications pratiques que nous verrons plus loin !

La morale sociale de l’église reprend à son compte entre autres les préceptes suivants :!!!

la destination universelle des biens, la justice sociale 1928 en lien avec le bien commun et avec l’exercice de l’autorité…1929 :la dignité de la personne humaine représentant le but ultime de la société…la justice et solidarité 2437 , 1932 la juste rémunération du travail…la recherche de l’ordre social…la solidarité internationale…et aussi toutes actions d’ordre matériel  ( voir formation du Père Poinard du 3 avril 2006 )

 

Être solidaire ?

 

Est-on solidaire dans son immeuble quand on ignore tout de la solitude de son voisin que l’on n’a pas aperçu depuis quelques jours ?

Est-on solidaire dans son lieu de travail ou au bureau quand on apprend sans se manifester que son collègue de travail vient d’être mis à la porte de son logement, ou que sa femme l’a quitté et qu’il ne sait comment faire garder ses enfants ou les amener à l’école ?

Est-on solidaire dans son milieu familial quand on sait que son proche parent est sans ressources et qu’à cause de cela, il ne peut envoyer ses enfants en vacances ?

Est-on solidaire dans son quartier quand on apprend par la presse qu’un incendie a ravagé un immeuble où vivent des étrangers à trois rues de là…qu’ils sont sans abris, sans que cela nous vienne à l’esprit, au cœur, de leur proposer une aide, un toit ? de même avec les sans domiciles qui dorment sur les bouches de métro ou à l’abri d’un porche

Est-on solidaire sur cette terre quand une catastrophe naturelle répand la misère à l’autre bout du monde et qu’on ne fait rien d’autre que regarder et attendre que les ONG ou les gouvernements fassent quelque chose, si ce n’est pas en critiquant les lenteurs ou les maladresses ?

Est-on solidaire en bonnes pensées seulement et pas en actes ?

Est-on solidaire même si l’on offre de l’argent ou que l’on signe un chèque, certes un geste qui peut être utile, mais sans que cela change quoique se soit à ses sentiments, à sa propre condition ?

 

Alors pourquoi être solidaire ?

Simplement pour être humain ? parce que nous sommes tous dans la même « galère » et que « si ça arrive aux autres, peut-être qu’un jour ça pourrait bien m’arriver à moi aussi » ; également aussi un peu la peur de se retrouver un jour, seul et sans aide, sans écoute, ???,

Pourquoi faut-il que cela demande si souvent un « effort » pour se tourner vers les autres, et que cela est « fatiguant » car c’est en quelque sorte un « devoir » qu’il « faut » faire par dessus le marché ?

Parfois on entend dire : « j’ai déjà assez de problèmes avec moi-même ; comment pouvoir en plus s’occuper de ceux des autres ? »… comme si prendre le temps et la peine de regarder autrui avec compassion enlève quelque chose à notre condition !!!

Comme si nous n’avions pas tous été créés à la même image, celle de Dieu qui nous aime chacun comme on est, avec nos plus et nos moins ! comme si Dieu ne s’était pas incarné pour partager notre condition humaine, sous tous ses aspects, et cela jusqu’à donner sa vie par amour nous ! comme si Dieu ne nous avait pas fait chacun « comptable » de la création : ne voyons-nous pas que nous sommes tous solidaires de la qualité du monde que nous laisserons aux générations successives ? solidaires entre hommes et solidaires avec la vie et la nature même ?

La solidarité n’est-elle pas une composante même de notre humanité ? n’est-elle pas une nécessité pour vivre dans un monde qui ne soit pas trop déshumanisé ?

Plusieurs réponses peuvent être proposées : sur le plan strictement laïc cela peut n’être qu’une réponse pour améliorer l’équilibre et la justice entre les hommes, d’essayer de mieux répartir les richesses ? mais aussi à partir de notre tradition chrétienne, la solidarité n’est-elle pas notre unique réponse aux exigences de notre foi ?

Savoir se laisser « toucher » comme Jésus voyant les foules qui le suivaient et « n’avaient plus de pasteur », comme Jésus voyant la détresse des hommes et des femmes qu’il rencontrait : la femme adultère, le paralytique, l’aveugle-né…c’est faire preuve que nous sommes capables d’être émus, d’être saisis aux entrailles par l’événement qui arrive à l’autre, d’être indigné par l’injustice, ou révoltés face aux décisions inacceptables !

En fait cette expérience d’ouverture aux autres est précieuse dans nos sociétés où l’individualisme prime, et où il nous faut toujours montrer que l’on est le plus fort, d’être au « top » ? La compassion n’est certainement pas toujours de mode en ces temps de « lutte pour le pouvoir » !

Alors puisque l’on n’est pas seul, il est de notre devoir de tisser des liens et de les conserver au meilleur niveau : liens familiaux, liens éducatifs, liens de confiance dans nos relations entre hommes, liens collectifs ( justice sociale, assurances multiples, mutualisations de ressources ), et liens caritatifs qui bien sûr sont plus qu’une affaire de cœur, un engagement dans la durée et l’intelligence !

La conséquence de cette attitude tient dans le fait que parfois nos liens qui sont là pour nous faire tenir debout ! nous amènent plus loin que là où nous pensions pouvoir aller !!! certes est parfois considéré comme admirable ou exceptionnel celui ou celle qui est promoteur de solidarité, mais ….le prix à payer est souvent plus cher que prévu !

Les choses ne bougent pas toujours aussi vite que l’on veut ; on peut s’essouffler ; on risque d’avoir un sentiment d’impuissance, d’inefficacité, de ressortir de ces expériences transformé, comme dépouillé plus « pauvre » que celui que l’on voulait secourir, ou à l’inverse grandi et empli de la joie d’être accueilli par les démunis que l’on accueillait !

Ainsi cette expérience montre qu’il s’agit moins de « choses à faire » que d’attitudes, de manière de regarder et d’avancer dans la vie !

Ce qui fait que la solidarité n’est plus une activité débordante, fatigante comme on le disait au début, mais plutôt une expérience qui construit, une source pour notre Foi et notre vie !

 

Dans la pratique, la solidarité est aussi une attitude sociale d’interdépendance entre les hommes : peut-on être solidaire avec les « pays du sud » si l’on reste à jamais les « pays du nord », autrement dit si on souhaite que ça s’améliore dans les pays du tiers et du quart monde, sans que cela change quoique se soit à notre train de vie, à notre confort, à nos habitudes et à notre façon de voir les choses ???

Peut-on vouloir que les migrants soient mieux pris en considération dans notre pays si nous n’acceptons pas aussi de modifier quelque peu nos habitudes et notre regard sur eux ??( film)

Peut-on à la fois espérer rester bien tranquillement à son poste et souhaiter que les autres bénéficient d’un juste travail : conserver les avantages et vouloir délocaliser ?

Acceptons-nous d’être « perturbés », acceptons-nous les changements induits par notre sentiment de solidarité ?

 

« vous êtes formidables » c’était le titre d’une émission de radio dont les plus anciens se souviendront peut-être et qui m’avait frappé quand j’étais ado ! la radio nous invitait à aller porter des vêtements et couvertures à la mairie pour les habitants des polders hollandais effondrés par les inondations des années 50 !; avec quelle fougue nous entassions dans les sacoches du vélo et les sacs à dos ce que nous pensions leur être utile!

 

La solidarité est-elle toujours désintéressée ? n’y voit pas parfois comme une certaine fierté à montrer que nous « on peut », que nous « on sait », et qu’ au final on croit s’en sortir « grandi » ? telles certaines statistiques où l’on nous démontre que telle nation a plus donné que nous ( médaille d’or de la générosité !!!) ou qu’on est dans le peloton de tête des pays d’Europe pour cette dernière action internationale ? avons-nous le droit d’en tirer quelque fierté ? n’est pas plutôt une chance qui nous est donnée de rendre ce qui  nous a été donné par surcroît ? mais n’est ce pas déjà là une attitude de « charité » ?

 

De quelle générosité extraordinaire le monde entier a fait preuve pour les victimes du tsunami ou des autres catastrophes naturelles ces derniers temps ! …mais avec quelle indifférence ne laissons-nous pas les « spécialistes » poursuivre leurs actions de reconstruction, de restauration et d’assistance ?

 

Être charitable !

 

Comment l’église, en tant que communauté c’est à dire peuple de baptisés, est-elle charitable ? ( DCE )

« Ce n’est pas à l’église de prendre en main la bataille politique pour édifier une société plus juste…elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’état….mais elle ne doit pas rester à l’écart dans la lutte pour la justice »… c’est en « travaillant à l’ouverture de l’intelligence et de la volonté aux exigences du  bien » que l’église doit s’impliquer !

Même dans une société la plus juste, l’amour – caritas – sera toujours nécessaire…aucun « service d’état ne rendra superflu le service de l’amour » …ne seraient-ce que pour les souffrances, les solitudes…le dévouement personnel plein d’amour pour son semblable est seul capable de répondre à ces pauvretés… « il n’y aura jamais une situation dans laquelle on n’aura pas besoin de la charité de chaque chrétien, car l’homme, au-delà de la justice, a et aura toujours besoin de l’amour ».

 

Le cadre spécifique de l’activité caritative de l’Eglise doit donc s’ articuler autour de trois éléments :

« la charité chrétienne est avant tout, simplement, la réponse à ce qui, dans une situation déterminée, constitue la nécessité immédiate: les personnes qui ont faim doivent être rassasiées, celles qui sont sans vêtements doivent être vêtues, celles qui sont malades doivent être soignées en vue de leur guérison, celles qui sont en prison doivent être visitées…

La compétence professionnelle est une des premières nécessités fondamentales, mais à elle seule, elle ne peut suffire. En réalité, il s’agit d’êtres humains, et les êtres humains ont toujours besoin de quelque chose de plus que de soins techniquement corrects. Ils ont besoin d’humanité. Ils ont besoin de l’attention du cœur. »

« L’activité caritative chrétienne doit être indépendante de partis et d’idéologies. Elle n’est pas un moyen pour changer le monde de manière idéologique et elle n’est pas au service de stratégies mondaines, mais elle est la mise en œuvre ici et maintenant de l’amour dont l’homme a constamment besoin. »

Enfin, « la charité ne doit pas être un moyen au service de ce qu’on appelle aujourd’hui le prosélytisme. L’amour est gratuit. » il s’agit de donner sans attendre en retour…

 

Alors être charitable c’est donc vivre avec nous-mêmes et en avec nos frères cette charité ecclésiale, au simple et suffisant prétexte que Dieu nous aime et qu’il attend que nous disions « oui » à son amour ! « Dans son hymne à la charité ( 1 Co 13 ) saint Paul nous enseigne que la charité est toujours plus qu’une simple activité : «  j’aurai beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurai beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne sert à rien ! »

C’est aimer - au sens agapè – aimer gratuitement, et changer son regard sur l’autre, amour qui ne se cherche plus pour lui-même mais devient préoccupation pour l’autre, à l’image du Christ pour les hommes. Selon une récente enquête dans notre quartier ceux qui sont en situation de pauvreté mettent au premier rang de leurs manques l’absence de dignité et le fait de dépendre du bon vouloir des autres !!! Que notre préoccupation du respect de cette dignité soit grande et première dans nos rencontres et nos accueils !

 

C’est aussi faire de nos assemblées des lieux d’entraide mutuelle, de disponibilité ; c’est le service de la diakonia , qui trouve sa source dans le lavement des pieds, et dans l’eucharistie, au même titre que celui de la Parole –le Kerigme- et la célébration des sacrements – la Leitourgia.

Que ces temps soient des moments d’échange et de partage, d’expression de notre joie d’être aimés, et d’espérance, et qu’ils soient la source des forces qui nous sont nécessaires pour oser aller vers nos frères !

 

Comment voir dans l’autre le visage du Christ ? c’est avoir le désir de communiquer aux autres l’amour de Dieu, de rendre visible le Dieu vivant, de faire en sorte que Dieu et le Christ ne soient pas de belles paroles mais se manifestent dans notre attention aux autres!

La force de ce témoignage sera d’autant plus grande que la Foi de chaque acteur sera plus grande et plus animée par l’amour de Dieu qui la soutient et en est la source ! comme dit jean Vanier : «  dans la mesure où j’accueille le faible qui est devant moi, j’accueille aussi le faible qui est en moi et je découvre Dieu caché dans ma propre faiblesse » ; en effet ce n’est ni un mérite ni un titre d’orgueil que d’être en situation de servir, mais c’est avec humilité que cette tâche doit être réalisée… ; « nous sommes tous des serviteurs quelconques »Lc 17,10

N’allons pas chercher très loin la manière d’aller à la « source »…c’est dans la prière que nous y puisons la sève, la nourriture ! et pensons à cette femme reçue dans un accueil qui remerciait pour toutes les attentions qui lui étaient portées, …regrettant toutefois que la seule chose qu’on ne lui avait pas proposé était d’être invitée à prier avec ceux qui l’accueillaient  !!!! Osons partager notre foi avec ceux que nous accueillons !Ils ont tant à nous apporter, car dans la prière il n’y a ni riche ni pauvre !

 

C’est se laisser « toucher », par le spectacle de l’homme souffrant, car c’est le Christ Lui-même qui porte la souffrance de chaque homme, et que c’est sa souffrance à Lui qui l’a mené à la Croix !

 

Alors les modalités pratiques à mettre en œuvre sont nombreuses et sont inspirées par les évènements, catastrophes naturelles ou autres, par les situations particulières qu’engendrent nos sociétés, selon les quartiers, les modes de vie, les coutumes et les habitudes, et les intuitions…les modèles sont nombreux : de Saint Vincent de Paul à mère Térésa, d’Ozanam à l’abbé Pierre, de François d’Assise à Charles Foucault …vous les connaissez !

 

C’est le sens de l’exhortation de notre Archevêque Mgr André Vingt-Trois dans « notre mission à Paris » . Il nous invite à poursuivre et renforcer notre pastorale de la mission, en particulier dans le domaine social, pour témoigner de l’ amour de Dieu, en essayant de nous organiser autour d’ « équipes locales pour la solidarité ». Celles-ci devraient favoriser et permettre de mieux coordonner l’écoute des pauvretés de notre quartier, de contribuer à apporter les remèdes espérés et attendus, de changer notre regard sur ceux qui ne sont pas comme nous l’attendons, de renforcer notre capacité à aller au devant des autres pour rendre l’Amour de Dieu contagieux !

…« A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jean 13, 35)

 

Pour éclairer et conclure cette réflexion j’ai pensé qu’il serait fructueux de vous proposer d’entendre quelques témoignages de chrétiens engagés dans le service de la charité et cela de multiples façons ; je leur ai demandé , pas tant de vous dire ce qu’ils faisaient en détail, mais plutôt comment ils vivaient leur engagement, ce qu’ils y trouvaient pour nourrir leur foi, et de nous partager leur expérience avec leurs joies et leurs interrogations !

Merci à eux d’avoir accepté de venir devant nous, et de répondre à vos éventuelles questions !!!

 

 

Ce soir :

Marie-Christine C., présidente d’une association non confessionnelle Loi 1901 du quartier

Marie G., cadre soignant, guide et engagée (foulard blanc ) auprès des malades à Lourdes

Joseph G., diacre, et bénévole à la pension de famille d’une association loi 1901

 

Mardi :

Marie-Christine C., présidente d’une association non confessionnelle Loi 1901 du quartier

Gisèle et Roger S., membres d’une association loi 1901, œcuménique, et chrétiens réformés du temple des B.

 

VOCABULAIRE BIBLIQUE DE LA CHARITE

 

 

HEBREUX : 2 « mots » pour exprimer « aimer »

Verbe : aheb

Substantif : ahabab

 

GREC : 4 « mots » pour « aimer »

philein : affection vive / attachement / sentiment profond

stergein : amour entre parents et enfants

eran : aimer passionnément / désir d’avoir / amour charnel >>> eros

( Septante : amour de la sagesse ; NT=0)

agapan : élection libre / le choix / amour qui donne

 

 

LATIN :

philein > amare : affection éprouvée , ressentie, « être éprouvé par »

agapé          dilection : le choix, chérir, amour tendre et spirituel

                   Vulgate > caritas   > chèreté

Ø     caritas : la charité

 

 

FRANÇAIS :

Aimer << philein ( amare ) et diligere ( agapé )

Chérir ( caritas ) : plutôt tendresse

Affectionner : moins « fort »

 

Charité :      Idée d’aumônes, d’œuvres de bienfaisance, de philanthropie

                   = AMOUR qui vient de Dieu, et qui retourne à Dieu

Amitié…

Solidarité…

 

 

Bibliographie :

« Deus caritas est », Lettre encyclique du Pape Benoit XVI….

« Notre mission à Paris », Mgr A.Vingt-Trois

La Bible de Jérusalem … ( 1Co 13, note e )

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique…

Cours de Théologie morale sur la Charité , P.Michel LABOURDETTE…

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