-16-17 janvier 2006 : L'Oecuménisme, par le Père Philippe Bernard
- 6-7mars 2006 : De la solidarité à la charité, par Philippe Mercier, diacre
Dans l’encyclique « Deus caritas
est », Benoît XVI écrit: « En pratique, l’Église, comme Église,
comme communauté, dans son mode institutionnel, doit aimer. Et ce que
l’on appelle “la charité” n’est pas une pure organisation comme les
autres organisations philanthropiques, mais l’expression nécessaire de
l’acte plus profond de l’amour personnel par lequel Dieu nous a créés,
suscitant dans notre cœur de nous porter vers l’amour, reflet du Dieu amour qui
nous transforme à son image. »
Par
amour il nous a créé, par amour il se donne pour nous dans l’eucharistie, même
et unique pain qui fait de chacun de nous un même corps ,
l’église, et donc des êtres unis et solidaires…
Partage, entraide, solidarité, fraternité, accueil, amour et charité… De
jolis mots que chacun rêve de mettre en pratique…." Quand on rêve
seul, cela reste un rêve ; quand on rêve ensemble, c'est le début de la réalité
" (proverbe brésilien).
Solidarité : de
solidaire ( du latin solidus : entier : (qui
a de la consistance, dont les parties sont adhérentes ; par opposition à
fluide, fragile, liquide))
Etat de dépendance mutuelle
entre les hommes, qui fait que les uns ne peuvent être heureux et se développer
que si les autres le peuvent également !!!.
Le fait de la solidarité
sociale a donné naissance à de nombreuses théories morales, dont le
principe commun est que l’individu, par le fait seul qu’il naît et se développe
au sein d’une société, profite de tous les efforts antérieurs et doit en
revanche contribuer au bien commun !
Solidaire : qui lie
plusieurs personnes, se dit de personnes qui répondent en quelque sorte les
unes des autres !
Charité : de caritas ( du latin carus cher ),
amour de Dieu et du prochain
Une des 3 vertus théologales :
vertu qui porte à faire ou à désirer le bonheur d’autrui
vertu théologale, foi,
espérance & charité ; aimer Dieu par dessus tout et notre prochain
comme nous mêmes pour l’amour de Dieu :référence
à 1er commandement Rm 8,28-30
¨
synonymes : Complaisance, condescendance contraire : égoïste, inhumain
Bureau de charité, Dames de
charité, frères (STJde Dieu) et sœurs
de la charité ( StVdP
)
Hôpital de la charité ( paris 1602 médicis /
1936 fac de médecine ST Pères)
Charitable : qui a de
la charité pour son prochain ; qui fait des aumônes, doux et
indulgent ;
Recherche de l’origine du mot
charité en hébreux,
grec et latin ( avec le document écrit )
Les
évangiles synoptiques nous révèlent le mystère de la Charité et de l’Amour
de Dieu
Dans
le sermon sur la montagne, Jésus opère un changement fondamental « vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens…moi je
vous dit : « aimez vous …même vos ennemis ! »
C’est Jésus qui nous révèle le
mystère de la Charité : c’est le plus grand commandement ! aimer
Dieu, aimer votre prochain !
Pour saint
Paul
Charité c’est l’amour dont Dieu nous aime, l’amour
dont aimons Dieu, l’amour dont nous aimons nos frères : ils ne font
qu’un….voir note e de 1Co 13 ( lire )
Pour saint
Jean :
Dieu est source de Charité ( agapè ) C’est
une initiative gratuite , ( don ) Etre
charitable c’est demeurer en Dieu Cela
conduit à la charité fraternelle Dont
le fruit est : nous sommes amis ( philia ) de
Dieu ( DCE de 3 à 9 )
Les commandements …(2084-2094),….A la question « quel est le plus grand
commandement de la Loi ? » Jésus répond « Tu aimeras le Seigneur
ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ; voilà le
1er et le plus grand commandement. Le second lui est
semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. A ces deux
commandements se rattache toute la loi, ainsi que les prophètes »
Mt 22, 37-40
La charité (1822): « la foi
dans l’amour de Dieu enveloppe l’appel et l’obligation de répondre à la charité
divine par un amour sincère » en énumérant les fautes contre cet
amour : indifférence, ingratitude, tiédeur, acédie
( paresse spirituelle) et haine de Dieu ( orgueil)…
L’égalité entre les hommes
se construit dans leurs différences: égale
dignité…égalité des droits…même nature et même origine, mais Mt
25,14-30 ou Lc 19,11-27 : les « talents »
ne sont pas distribués également…et cela rend par nature les hommes interdépendants :
chaque homme a besoin des autres… c’est la solidarité humaine !
1939 : « le principe de la solidarité, énoncé sous le nom d’
« amitié » ou de « charité sociale » est une exigence
de la fraternité humaine et chrétienne ! »
Le 7ème Commandement
« tu ne voleras pas » défend de
prendre ou retenir le bien du prochain injustement et de faire lui tort en ses
biens de quelque manière que ce soit : il prescrit la justice et la
charité dans la gestion des biens terrestres et des fruits du travail des
hommes (CEC 2402 ; La solidarité
est une vertu éminemment chrétienne . Elle pratique le partage des biens
spirituels encore plus que matériels !!« cherchez
d’abord le royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par
surcroît » Mt 6,33… d’où les applications pratiques que nous
verrons plus loin !
La morale sociale de
l’église reprend à son compte entre autres les préceptes suivants :!!!
la destination universelle des
biens, la justice sociale 1928 en lien avec le bien commun et
avec l’exercice de l’autorité…1929 :la dignité de
la personne humaine représentant le but ultime de la société…la justice et
solidarité 2437 , 1932 la juste rémunération du travail…la recherche de l’ordre
social…la solidarité internationale…et aussi toutes actions d’ordre matériel… ( voir
formation du Père Poinard du 3 avril 2006 )
Est-on solidaire dans son immeuble
quand on ignore tout de la solitude de son voisin que l’on n’a pas aperçu
depuis quelques jours ?
Est-on solidaire dans son lieu de
travail ou au bureau quand on apprend sans se manifester que son
collègue de travail vient d’être mis à la porte de son logement, ou que sa
femme l’a quitté et qu’il ne sait comment faire garder ses enfants ou les
amener à l’école ?
Est-on solidaire dans son milieu familial
quand on sait que son proche parent est sans ressources et qu’à cause de cela,
il ne peut envoyer ses enfants en vacances ?
Est-on solidaire dans son quartier
quand on apprend par la presse qu’un incendie a ravagé un immeuble où vivent
des étrangers à trois rues de là…qu’ils sont sans abris, sans que cela nous
vienne à l’esprit, au cœur, de leur proposer une aide, un toit ? de même
avec les sans domiciles qui dorment sur les bouches de métro ou à l’abri d’un
porche
Est-on solidaire sur cette terre
quand une catastrophe naturelle répand la misère à l’autre bout du monde et
qu’on ne fait rien d’autre que regarder et attendre que les ONG ou les
gouvernements fassent quelque chose, si ce n’est pas en critiquant les lenteurs
ou les maladresses ?
Est-on solidaire en bonnes pensées
seulement et pas en actes ?
Est-on solidaire même si l’on
offre de l’argent ou que l’on signe un chèque,
certes un geste qui peut être utile, mais sans que cela change quoique se soit
à ses sentiments, à sa propre condition ?
Alors pourquoi être solidaire ?
Simplement pour être humain ?
parce que nous sommes tous dans la même « galère » et que « si
ça arrive aux autres, peut-être qu’un jour ça pourrait bien m’arriver à moi
aussi » ; également aussi un peu la peur de se retrouver un jour,
seul et sans aide, sans écoute, ???,
Pourquoi faut-il que cela demande
si souvent un « effort » pour se tourner vers les autres, et
que cela est « fatiguant » car c’est en quelque sorte un « devoir »
qu’il « faut » faire par dessus le marché ?
Parfois on entend dire :
« j’ai déjà assez de problèmes avec moi-même ; comment pouvoir en
plus s’occuper de ceux des autres ? »… comme si prendre le temps et
la peine de regarder autrui avec compassion enlève quelque chose à notre
condition !!!
Comme si nous n’avions pas tous
été créés à la même image, celle de Dieu qui nous aime chacun comme on
est, avec nos plus et nos moins ! comme si Dieu ne s’était pas incarné
pour partager notre condition humaine, sous tous ses aspects, et cela jusqu’à
donner sa vie par amour nous ! comme si Dieu ne nous avait pas fait chacun
« comptable » de la création : ne voyons-nous pas que
nous sommes tous solidaires de la qualité du monde que nous laisserons
aux générations successives ? solidaires entre hommes et solidaires avec
la vie et la nature même ?
La solidarité n’est-elle pas une composante
même de notre humanité ? n’est-elle pas une nécessité pour vivre
dans un monde qui ne soit pas trop déshumanisé ?
Plusieurs réponses peuvent être
proposées : sur le plan strictement laïc cela peut n’être qu’une
réponse pour améliorer l’équilibre et la justice entre les hommes, d’essayer de
mieux répartir les richesses ? mais aussi à partir de notre tradition
chrétienne, la solidarité n’est-elle pas notre unique réponse aux
exigences de notre foi ?
Savoir se laisser
« toucher » comme Jésus voyant les foules qui le suivaient et
« n’avaient plus de pasteur », comme Jésus voyant la détresse
des hommes et des femmes qu’il rencontrait : la femme adultère, le
paralytique, l’aveugle-né…c’est faire preuve que nous sommes capables d’être
émus, d’être saisis aux entrailles par l’événement qui arrive à l’autre,
d’être indigné par l’injustice, ou révoltés face aux décisions
inacceptables !
En fait cette expérience
d’ouverture aux autres est précieuse dans nos sociétés où l’individualisme
prime, et où il nous faut toujours montrer que l’on est le plus fort, d’être
au « top » ? La compassion n’est certainement pas
toujours de mode en ces temps de « lutte pour le pouvoir » !
Alors puisque l’on n’est pas
seul, il est de notre devoir de tisser des liens et de les conserver
au meilleur niveau : liens familiaux, liens éducatifs, liens
de confiance dans nos relations entre hommes, liens collectifs ( justice sociale, assurances multiples, mutualisations de
ressources ), et liens caritatifs qui bien sûr sont plus qu’une affaire
de cœur, un engagement dans la durée et l’intelligence !
La
conséquence de cette attitude tient dans le fait que parfois nos liens qui
sont là pour nous faire tenir debout ! nous amènent plus loin
que là où nous pensions pouvoir aller !!! certes
est parfois considéré comme admirable ou exceptionnel celui ou celle qui est
promoteur de solidarité, mais ….le prix à payer est souvent plus cher que
prévu !
Les
choses ne bougent pas toujours aussi vite que l’on veut ; on peut s’essouffler ;
on risque d’avoir un sentiment d’impuissance, d’inefficacité, de
ressortir de ces expériences transformé, comme dépouillé plus « pauvre »
que celui que l’on voulait secourir, ou à l’inverse grandi et empli de la joie
d’être accueilli par les démunis que l’on accueillait !
Ainsi
cette expérience montre qu’il s’agit moins de « choses à faire »
que d’attitudes, de manière de regarder et d’avancer dans la vie !
Ce
qui fait que la solidarité n’est plus une activité débordante, fatigante comme
on le disait au début, mais plutôt une expérience qui construit, une
source pour notre Foi et notre vie !
Dans la pratique, la
solidarité est aussi une attitude sociale d’interdépendance entre les
hommes : peut-on être solidaire avec les « pays du sud »
si l’on reste à jamais les « pays du nord », autrement dit si on
souhaite que ça s’améliore dans les pays du tiers et du quart monde, sans que
cela change quoique se soit à notre train de vie, à notre confort, à nos
habitudes et à notre façon de voir les choses ???
Peut-on vouloir que les migrants
soient mieux pris en considération dans notre pays si nous n’acceptons pas
aussi de modifier quelque peu nos habitudes et notre regard sur eux ??( film)
Peut-on à la fois espérer rester
bien tranquillement à son poste et souhaiter que les autres bénéficient
d’un juste travail : conserver les avantages et vouloir délocaliser ?
Acceptons-nous d’être
« perturbés », acceptons-nous les changements induits par notre
sentiment de solidarité ?
« vous êtes
formidables » c’était le titre d’une émission de radio dont les plus
anciens se souviendront peut-être et qui m’avait frappé quand j’étais
ado ! la radio nous invitait à aller porter des vêtements et couvertures à
la mairie pour les habitants des polders hollandais effondrés par les
inondations des années 50 !; avec quelle fougue
nous entassions dans les sacoches du vélo et les sacs à dos ce que nous
pensions leur être utile!
La solidarité est-elle toujours
désintéressée ? n’y voit pas parfois comme une certaine fierté à montrer
que nous « on peut », que nous « on sait »,
et qu’ au final on croit s’en sortir
« grandi » ? telles certaines statistiques où l’on nous
démontre que telle nation a plus donné que nous ( médaille
d’or de la générosité !!!) ou qu’on est dans le peloton de tête des pays
d’Europe pour cette dernière action internationale ? avons-nous le droit
d’en tirer quelque fierté ? n’est pas plutôt une chance qui nous
est donnée de rendre ce qui
nous a été donné par surcroît ? mais n’est ce pas déjà là
une attitude de « charité » ?
De quelle générosité
extraordinaire le monde entier a fait preuve pour les victimes du tsunami
ou des autres catastrophes naturelles ces derniers temps ! …mais avec
quelle indifférence ne laissons-nous pas les « spécialistes »
poursuivre leurs actions de reconstruction, de restauration et
d’assistance ?
Comment
l’église, en tant que communauté c’est à dire peuple de baptisés,
est-elle charitable ? ( DCE )
« Ce
n’est pas à l’église de prendre en main la bataille politique pour édifier une
société plus juste…elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’état….mais
elle ne doit pas rester à l’écart dans la lutte pour la justice »…
c’est en « travaillant à l’ouverture de l’intelligence et de la volonté
aux exigences du bien »
que l’église doit s’impliquer !
Même
dans une société la plus juste, l’amour – caritas –
sera toujours nécessaire…aucun « service d’état ne rendra superflu le
service de l’amour » …ne seraient-ce que pour les souffrances, les
solitudes…le dévouement personnel plein d’amour pour son semblable est
seul capable de répondre à ces pauvretés… « il n’y aura jamais une
situation dans laquelle on n’aura pas besoin de la charité de chaque chrétien,
car l’homme, au-delà de la justice, a et aura toujours besoin de
l’amour ».
Le
cadre spécifique de l’activité caritative de l’Eglise doit donc s’ articuler autour de trois éléments :
« la
charité chrétienne est avant tout, simplement, la réponse à ce qui,
dans une situation déterminée, constitue la nécessité immédiate: les personnes qui ont faim
doivent être rassasiées, celles qui sont sans vêtements doivent être
vêtues, celles qui sont malades doivent être soignées en vue de leur
guérison, celles qui sont en prison doivent être visitées…
La
compétence professionnelle est une des premières nécessités
fondamentales, mais à elle seule, elle ne peut suffire. En réalité, il
s’agit d’êtres humains, et les êtres humains ont toujours besoin de quelque
chose de plus que de soins techniquement corrects. Ils ont besoin d’humanité.
Ils ont besoin de l’attention du cœur. »
« L’activité
caritative chrétienne doit être indépendante de partis et d’idéologies.
Elle n’est pas un moyen pour changer le monde de manière idéologique et elle
n’est pas au service de stratégies mondaines, mais elle est la mise en œuvre
ici et maintenant de l’amour dont l’homme a constamment besoin. »
Enfin,
« la charité ne doit pas être un moyen au service de ce qu’on
appelle aujourd’hui le prosélytisme. L’amour est gratuit. »
il s’agit de donner sans attendre en retour…
Alors
être charitable c’est donc vivre avec nous-mêmes et en avec nos frères
cette charité ecclésiale, au simple et suffisant prétexte que Dieu nous aime et
qu’il attend que nous disions « oui » à son amour ! « Dans
son hymne à la charité ( 1 Co
13 ) saint Paul nous enseigne que la charité est toujours plus qu’une simple
activité : « j’aurai beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j’aurai beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne sert à
rien ! »
C’est
aimer - au sens agapè – aimer gratuitement, et changer son
regard sur l’autre, amour qui ne se cherche plus pour lui-même mais devient
préoccupation pour l’autre, à l’image du Christ pour les hommes. Selon
une récente enquête dans notre quartier ceux qui sont en situation de pauvreté
mettent au premier rang de leurs manques l’absence de dignité et le fait
de dépendre du bon vouloir des autres !!! Que
notre préoccupation du respect de cette dignité soit grande et première
dans nos rencontres et nos accueils !
C’est
aussi faire de nos assemblées des lieux d’entraide mutuelle, de
disponibilité ; c’est le service de la diakonia , qui trouve sa
source dans le lavement des pieds, et dans l’eucharistie, au même titre
que celui de la Parole –le Kerigme- et la célébration
des sacrements – la Leitourgia.
Que
ces temps soient des moments d’échange et de partage, d’expression de
notre joie d’être aimés, et d’espérance, et qu’ils soient la source
des forces qui nous sont nécessaires pour oser aller vers nos frères !
Comment
voir dans l’autre le visage du Christ ? c’est avoir le désir
de communiquer aux autres l’amour de Dieu, de rendre visible le Dieu
vivant, de faire en sorte que Dieu et le Christ ne soient pas de belles paroles
mais se manifestent dans notre attention aux autres!
La
force de ce témoignage sera d’autant plus grande que la Foi de chaque
acteur sera plus grande et plus animée par l’amour de Dieu qui la soutient
et en est la source ! comme dit jean Vanier :
« dans la mesure où j’accueille le faible qui
est devant moi, j’accueille aussi le faible qui est en moi et je
découvre Dieu caché dans ma propre faiblesse » ; en effet ce n’est ni
un mérite ni un titre d’orgueil que d’être en situation de servir, mais c’est
avec humilité que cette tâche doit être réalisée… ; « nous
sommes tous des serviteurs quelconques »Lc 17,10
N’allons
pas chercher très loin la manière d’aller à la « source »…c’est
dans la prière que nous y puisons la sève, la nourriture ! et pensons
à cette femme reçue dans un accueil qui remerciait pour toutes les attentions
qui lui étaient portées, …regrettant toutefois que la seule chose qu’on
ne lui avait pas proposé était d’être invitée à prier avec ceux qui l’accueillaient !!!! Osons partager notre foi
avec ceux que nous accueillons !Ils ont tant à
nous apporter, car dans la prière il n’y a ni riche ni pauvre !
C’est
se laisser « toucher », par le spectacle de l’homme
souffrant, car c’est le Christ Lui-même qui porte la souffrance de
chaque homme, et que c’est sa souffrance à Lui qui l’a mené à la
Croix !
Alors
les modalités pratiques à mettre en œuvre sont nombreuses et sont
inspirées par les évènements, catastrophes naturelles ou autres, par les
situations particulières qu’engendrent nos sociétés, selon les
quartiers, les modes de vie, les coutumes et les habitudes, et les intuitions…les
modèles sont nombreux : de Saint Vincent de Paul à mère Térésa, d’Ozanam
à l’abbé Pierre, de François d’Assise à Charles Foucault …vous les
connaissez !
C’est
le sens de l’exhortation de notre Archevêque Mgr André Vingt-Trois dans « notre mission à Paris » . Il nous invite à poursuivre et renforcer notre
pastorale de la mission, en particulier dans le domaine social, pour
témoigner de l’ amour de Dieu, en essayant de nous
organiser autour d’ « équipes locales pour la solidarité ».
Celles-ci devraient favoriser et permettre de mieux coordonner l’écoute
des pauvretés de notre quartier, de contribuer à apporter les remèdes
espérés et attendus, de changer notre regard sur ceux qui ne sont pas
comme nous l’attendons, de renforcer notre capacité à aller au devant
des autres pour rendre l’Amour de Dieu contagieux !
…«
A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à l’amour que vous aurez les
uns pour les autres » (Jean 13, 35)
Pour
éclairer et conclure cette réflexion j’ai pensé qu’il serait fructueux
de vous proposer d’entendre quelques témoignages de chrétiens engagés dans
le service de la charité et cela de multiples façons ; je leur ai demandé , pas tant de vous dire ce qu’ils faisaient en
détail, mais plutôt comment ils vivaient leur engagement, ce qu’ils y
trouvaient pour nourrir leur foi, et de nous partager leur expérience avec
leurs joies et leurs interrogations !
Merci
à eux d’avoir accepté de venir devant nous, et de répondre à vos éventuelles
questions !!!
Ce
soir :
Marie-Christine
C., présidente d’une association non confessionnelle Loi 1901 du quartier
Marie
G., cadre soignant, guide et engagée (foulard blanc )
auprès des malades à Lourdes
Joseph
G., diacre, et bénévole à la pension de famille d’une association loi 1901
Mardi :
Marie-Christine
C., présidente d’une association non confessionnelle Loi 1901 du quartier
Gisèle
et Roger S., membres d’une association loi 1901, œcuménique, et chrétiens
réformés du temple des B.
VOCABULAIRE BIBLIQUE DE LA CHARITE
HEBREUX :
2 « mots » pour exprimer « aimer »
Verbe : aheb
Substantif : ahabab
GREC :
4 « mots » pour « aimer »
philein : affection vive /
attachement / sentiment profond
stergein : amour entre parents et
enfants
eran : aimer passionnément /
désir d’avoir / amour charnel >>> eros
( Septante : amour de la
sagesse ; NT=0)
agapan : élection libre / le choix
/ amour qui donne
LATIN :
philein > amare : affection éprouvée
, ressentie, « être éprouvé par »
agapé dilection : le
choix, chérir, amour tendre et spirituel
Vulgate > caritas > chèreté
Ø
caritas : la charité
FRANÇAIS :
Aimer << philein ( amare ) et diligere
( agapé )
Chérir ( caritas
) : plutôt tendresse
Affectionner : moins « fort »
Charité :
Idée d’aumônes, d’œuvres de
bienfaisance, de philanthropie
= AMOUR qui vient de Dieu, et
qui retourne à Dieu
Solidarité…
Bibliographie :
« Deus caritas est », Lettre encyclique du Pape Benoit XVI….
« Notre mission à Paris », Mgr A.Vingt-Trois…
La Bible de Jérusalem … ( 1Co 13, note e )
Le Catéchisme de l’Eglise Catholique…
Cours de Théologie morale sur la Charité , P.Michel LABOURDETTE…
…..