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L’Eglise en mouvements....

(septembre 2003)

 

Un dernier regard sur l’Eglise Brésilienne, toujours bien sûr, sous l’angle de Guajarà-Mirim, petite ville du bout du monde, non représentative de tout le Brésil !

Je ne reviendrai pas sur la Campagne de carême, ici appelée Campagne de fraternité,  car ça a été l’objet d’une autre lettre...sauf pour vous dire que le thème de l’an prochain est l’eau : toujours des thèmes bien proches de la réalité, bien terre à terre, c’est ce que je retiens de l’Eglise d’ici.

 

Une année “vocationnelle”

Cette année 2003 a été choisie pour être spécialement tournée sur la vocation. Le thème : “le baptême, source de toutes les vocations” et un slogan “Avance dans les eaux plus profondes” (Luc, 5,4). D’une manière générale, j’ai réalisé ici, que je n’avais pas beaucoup entendu parler de vocations religieuses à Saint Joseph, ou plus précisément que peu d’invitations directes avaient été faites en direction des jeunes.

Ici, c’est un peu l’excés inverse, et les adolescents et adolescentes sont trés tôt (10 ans pour les filles) invités à participer à des rencontres par les différentes communautés religieuses et les prêtres.

 

Le cri des exclus

Le jour de la fête de l’indépendance, 7 septembre, l’Eglise catholique réunit les exclus, sans-terre, chômeurs, entre autre, pour défiler après les militaires et les écoles, rappelant que le Brésil est à tout le monde, mais que tout le monde n’en profite pas ! Cette année encore, la revendication principale a été contre la zone de libre échange que les Etats Unis veulent former entre les Etats d’Amérique.

 

 

COLAM 7, rencontre missionaire d’Amérique Latine

Une grande réflexion est faite sur la mission, moins en direction des autres continents que comme appels concrets et action locale envers tous les non pratiquants et les membres des autres églises. D’où la place beaucoup plus importante faite à la Parole de Dieu, diffusion de la Bible, groupes de réflexions, CEBs…

Durant la semaine de la famille (août dernier), toutes les paroisses se sont divisées en groupes de trois ou quatre pour visiter les familles, connaitre leur situation, les inviter à participer à la célébration dominicale, au caté, les bénir, et bénir leur maison... une expérience inédite pour moi, mais très interessante.

 

Le groupe missionaire de la paroisse organise chaque mois une veillée de prière missionaire. Nous travaillons aussi sur les textes de la prochaine rencontre missionnaire d’Amérique Latine : ces textes sont d’une telle richesse que j’aimerai pouvoir vous les traduire... ce sera peut être pour la prochaine fois ?

 

“Faim zero”

Vous avez du entendre parler du programme de lutte contre la faim que le gouvernement Lula a mis en place. Vous savez surement aussi que le gouvernement s’appuye ouvertement sur les mouvements d’Eglise, notamment la pastorale de l’Enfance, pour visiter toutes les familles, sélectionner celles qui vont avoir besoin de cette aide alimentaire d’urgence et les accompagner ensuite, par des actions sociales, des formations, etc..

 

 

Pastorales : des mouvements bien organisés

Sur le Diocèse, nous avons de nombreux mouvements qui dépendent d’une structure nationale :

 

Il y a d’autres pastorales qui ne sont pas actives dans le Diocèse, comme la pastorale de la communication, la pastorale des femmes. Il y a aussi beaucoup d’actions que j’oublie... et il y a enfin, la pastorale du “conjunto”, celle qui est chargée de faire le lien entre toutes.

 

Parfois, les mouvements sont des véritables relais des actions gouvernementales. La Pastorale de l’enfance reçoit même une subvention trés importante du ministère de la Santé. La nouvelle ministre de l’environnement a formé des conseils de jeunes dans lesquels beaucoup de leaders de la pastorale des jeunes se sont impliqués.

A Guajará, la police fédérale envoie tous les demandeurs d’asile boliviens à la pastorale des migrants...

Dans d’autres cas, les mouvements s’opposent, quelquefois violemment au gouvernement. C’est le cas bien connu de la pastorale de la terre, mais aussi de Justice et Paix ou du conseil missionnaire indien.

Il n’y a rien de systématique ni dans un sens, ni dans l’autre, et l’Eglise paraît assez indépendante du pouvoir, même si il y a un religieux dans le nouveau gouvernement, et que beaucoup de catholiques ont soutenu la campagne de Lula très ouvertement.

 

 

Voilà, j’espère bien que ce témoignage donnera envie à quelques uns de faire la même expérience de coopération, et à d’autres d’enrichir leurs actions dans l’église locale par l’ouverture sur l’expérience des autres églises, du premier ou du troisième monde, comme on dit ici.

 

Avec l’espoir de retrouver bientôt tous les chers visages connus et la joie et la chaleur de notre communauté de Saint Joseph..

Anne Genolini