Formation St Jo : cycle 2004-2005

Intervention de Soeur LUCETTE

Sur Les Pas de François d'Assise

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 ÊTRE ATTENTIFS À TOUS NOS FRÈRES

15.01.2005

Introduction :

Être attentifs à tous nos frères" Le dictionnaire donne pour le mot "attention" la définition suivante : fixer son esprit sur quelque chose, sollicitude, égard envers des êtres fragiles. Une image m'a aidée à trouver un contenu vital à ce mot.

C'est celle d'une très jeune maman, totalement tendue, cœur et corps, vers son petit enfant, prévenant ses moindres désirs, écartant les moindres dangers. Cette tension affectueuse, mobilisatrice, jaillie du cœur maternel, je me suis dit qu'elle illustre assez bien le mot attention : tension- vers… élan vers …don de soi-même par amour.

Attentifs "à tous nos frères" : ce mouvement d'amour est appelé à se porter peu à peu, vers tous, sans exclusive. Le mot frère évoque également pour moi à la fois une grande proximité et une certaine distance respectueuse. J'ai choisi pour cet exposé les points suivants : Attentifs à ceux qui nous sont proches, Attentifs à ceux qui sont loin de nous par leur culture, leur religion et "C'est pour cela que je suis sorti" En conclusion : "Voyez comme ils s'aiment"

I. Attentifs à ceux qui nous sont proches

La vie : jaillissement et don d'amour

J'ai eu la chance de voir jaillir une vie à son commencement. Ce fut une merveilleuse image : l'enfant a réellement jailli, projeté dans le monde. Ce fut le premier don d'amour de la part de ses parents. Il sera suivi de beaucoup d'autres, jour après jour. Il s'est opéré au prix d'un arrachement douloureux mais il est source d'une si grande joie.

Le mouvement même de la vie."… la sortie de nous-même par amour…Voilà le fondement de notre vie, croyante ou incroyante, chrétienne, musulmane ou bouddhiste," écrivait Mgr Pierre Claverie , évêque d'Alger, un homme ouvert au dialogue, plein de respect et d'humour qui a aimé l'Algérie et donné sa vie pour ce pays.

Et en écho cette parole de Djalâl al-Dîn Rûmi, poète persan du XIIIème siècle et grand auteur mystique du soufisme :

"Il n'y a qu'un pas sur la voie, un pas hors de soi-même"

"Heureux ceux qui ont découvert qu'ils sont aimés et en qui l'on a cru"

Un être humain ne se développe et ne grandit normalement que s'il a fait l'expérience d'être aimé. C'est cela qui lui permet d'exister dans la confiance et d'avoir foi en son entourage. Sans cette expérience première, l'homme vit dans la peur et l'angoisse; mais, si on lui fait confiance, il peut s'épanouir"

La cellule familiale est le terreau de croissance de la personnalité de l'enfant. Mais, nous le savons, les parents doivent y mettre le prix.

Tension affectueuse, mobilisatrice, joie ! mais aussi, don de soi-même par
amour.

"Prendre un enfant par la main"

Le petit enfant a beaucoup d'admiration pour ses parents. On le voit imiter leurs gestes, leurs attitudes. Il est capable de faire des efforts pour leur plaire. Ils sont tout pour lui et il est tout pour eux.

Auprès d'eux, l'enfant est en confiance, il n'a pas peur. Sa petite personnalité se construit.. Les parents sont heureux de ce regard admiratif. Ils sont quelqu'un pour leur enfant. Pourtant, cette relation si commode, si bienfaisante pour eux et leur enfant, est appelée à évoluer. L'enfant doit cesser d'être "porté" par ses parents. Les parents ne peuvent empêcher leur enfant de grandir et la vie se charge très vite de les placer devant un choix, un dépassement, une autre manière d'aimer. Peu à peu l'enfant détecte des failles dans le comportement de ses parents : disputes, maladresses. Il les compare à d'autres parents, au maître d'école. Son admiration se déplace. Ils ne sont plus les seuls dans son cœur.

L'heure est venue pour eux de passer d'un type de relation à un autre. .Les voilà appelés à choisir : ou bien ils refusent de s'adapter, de passer d'une autorité à une autre, de se dépouiller de leur personnage; ou bien ils acceptent de sortir d'eux-mêmes pour entrer dans une nouvelle relation avec leur enfant. Et c'est la joie qui jaillit de ce nouveau don.

Accueillir la vocation de l'enfant:

L'enfant a une vocation propre, une liberté. Lorsque Jean le Baptiste naît , pour sa famille, sans aucun doute, il doit s'appeler Zacharie comme son père et lui succéder dans sa fonction de prêtre, mais non, Dieu en a décidé autrement. "Jean est son nom" Il a sa vocation à lui, celle d'un espèce de prédicateur barbu ambulant qui annoncera la venue de Jésus. (Luc : 1,57-66)

"ouvrir ses mains"

Le départ d'un enfant pour suivre celui ou celle qu'il a choisi est toujours un moment difficile pour ses parents surtout lorsque l'élu(e) ne correspond pas à la personne idéale à leurs yeux. Et quand il vient leur dire : "je rentre au séminaire" ou "je rentre au couvent, c'est la catastrophe pour certains. C'est toujours une grande souffrance pour tous. En même temps c'est un appel à aimer davantage, à ouvrir les mains pour laisser l'enfant partir vers sa vie et vers sa mission.

Nos relations qu'elles soient : filiales, fraternelles, amoureuses, ou amicales nous placent face à des choix semblables. La personne aimée évolue, elle n'est plus celle que j'ai connue, aimée, choisie. "Je ne reconnais plus mon mari depuis que nous sommes à la retraite", me disait une amie. "Il nous faut tout recommencer." Ce qu'ils ont fait. Leur amour a permis un élan nouveau. La vie a été la plus forte.

"Pas de plus grand amour…" (Jn 15-13)

J'ai été très émue en lisant le magnifique témoignage d'un vieux papa espagnol aux funérailles d' Esther, sa fille religieuse, assassinée à Babel-Oued,.en Algérie. Il a prié en ces termes:

"Je pardonne aux assassins de ma fille et je remercie le peuple algérien de lui avoir permis d'être ce qu'elle a été." Quel beau témoignage d'amour paternel, de liberté intérieure et de puissance de sa foi.

Ce témoignage a touché un journaliste algérien qui sera, lui aussi, assassiné. Il écrit :

"Plût à Dieu que tous ensemble, vous et nous, parvenions à assez de liberté intérieure pour offrir notre pardon, ainsi que la ferveur de notre amitié, et que nous gardions le courage de construire la paix."

Attention aux proches dans l'épreuve

Face aux ruptures de toutes sortes : divorces, abandons, rupture d'amitié, face à la maladie mentale d'un être aimé qui nous rejette ou que les autres rejettent, au départ d'un enfant qui claque la porte, à la fin de vie de nos proches avec leurs douleurs, leurs peurs, leur agressivité parfois…Que faire? C'est une réalité du monde, le nôtre, celui que Dieu aime. Il nous faut saisir à bras le corps cette réalité pour la transformer. C'est là qu'il nous envoie, vers ce malade, cet éprouvé, notre enfant, nos parents. Être présent, pauvre, impuissant, humble, mais aimant

"Donner sa vie goutte à goutte dans un regard, une présence, un sourire, une attention, un service, un travail, dans toutes ces choses qui font qu'un peu de la vie qui nous habite est partagée, donnée, livrée.

"Dieu est Amour"

Dieu est présent au cœur de tout amour car Dieu est amour. "C'est lui qui nous a aimés le premier" (1 Jn 4,10)

"Il n'y a pas deux soleils, il n'y a pas deux amours. écrit le P. Varillon. qui " invite le fiancé, l'époux, l'ami à entendre comment bat le meilleur de son cœur. Il entendra, un écho du battement du cœur de Dieu."

II - Attentifs à ceux qui sont loin

"Vous êtes mes Frères". "Tout être est mon être"

Il m'a plu de choisir ce titre qui n'est pas une parole de chrétien pour introduire cette réflexion.

Elle est d' un étranger et qui plus est d'un algérien musulman : Abd el-Kader. Ce guerrier a combattu la France de 1832 à 1847. Vaincu, il est envoyé en prison à Toulon, au mépris de la promesse qui lui a été faite d'un exil en Orient. Libéré en 1852 par Napoléon III, il va pouvoir terminer sa vie à Damas. Homme de prière, de dialogue et de tolérance, il ne se venge pas. Au contraire, il se dresse à Damas face aux musulmans qui veulent massacrer les chrétiens de Syrie : il en sauvera des milliers.

1-Etre un étranger

S. Anne Marie et moi même avons eu la chance de vivre de nombreuses années à l'étranger. Elle, au Vanuatu dans le Pacifique, moi, au Sénégal. C'est une expérience décapante et enrichissante. Elle permet de comprendre un peu ce que vivent parmi nous les nombreux étrangers et nous rend proches d'eux.

Cela ne signifie pas que nous n'ayons plus d'efforts à faire. Non. Les mêmes "attentions", les mêmes sorties de soi sont nécessaires pour vivre le dialogue de la vie si nous voulons connaître les joies de la rencontre, ici en France.

Sœurs pour le monde

Pour nous, la rencontre de l'étranger se fait d'abord dans nos communautés internationales. Vivre avec des anglophones qui veulent nous faire utiliser leur langage inclusif (les hommes et les femmes) jusque dans les textes de l'office et de l'Écriture; vivre avec des sœurs pour lesquelles l'argent est fait pour "rouler"; avec d'autres pour lesquelles la montre est inutile… Ce n'est pas drôle tous les jours. Mais c'est une bonne école de patience, de dialogue et d'humour. Ce qui nous unit et nous permet de dépasser nos différences, c'est notre mission commune de "témoins de la tendresse universelle et de la miséricorde de Dieu". Nous n'avons que notre cœur et nos mains pour annoncer aux gens que Dieu les aime. Comment le pourrions-nous si nous ne nous aimons pas!

"Il nous faut oser sortir".

Sortir, se trouver seule dans les rues, au milieu de foules grouillantes, ne pas comprendre la langue, la politesse si différente de la nôtre, affronter le "toubab" : "blanc", équivalent de "bounioul," crié par les enfants de certaines familles musulmanes à la vue d'un blanc. Que de défis à relever ! Que de conversions à opérer !

Après 20 ans de présence, je n'ai pas la prétention de connaître ni le Sénégal ni les Sénégalais, mais, grâce à eux, j'ai appris à aimer les gens en sortant des murs de la communauté, en faisant de très nombreux petits pas vers des personnes différentes mais dignes d'être aimées. Je ne veux pas m'attarder sur ce passé mais ce que j'ai vécu m'a beaucoup éclairée sur moi-même, sur nous les Français et sur les Sénégalais. J'ai surtout essayé de mettre mon bonheur dans les relations, si importantes dans ce pays, de trouver la joie de vivre dans une vie simple et toute donnée. Je ne regrette rien.

Nous ne sommes pas seules : Notre communauté religieuse, la communauté chrétienne sont là pour nous soutenir. Imaginons la solitude de ceux qui débarquent seuls en France ou ailleurs. En les invitant à la maison, les jeunes sœurs étudiantes ont souvent sauvé de la dépression de jeunes étudiants étrangers qui ne supportaient plus leur solitude.

2- Les étrangers, ici , en France, dans nos quartiers.

Ils sont vraiment très nombreux. La première fois que je suis allée à Clichy et à Saint Ouen, j'ai eu un choc. Presque toutes les boulangeries, presque tous les magasins sont tenus par des étrangers. Dans les rues, peu de visages "pâles" ! A peine arrivée, j'ai pris le métro, très tôt le matin. Les étrangers étaient regroupés à l'entrée du quai et bavardaient entre eux. Les rares français étaient silencieux à l'autre bout. J'avais l'impression d'être étrangère dans mon propre pays.

Créer un climat de confiance et un respect mutuel :

Actuellement, le climat n'est pas tellement à la confiance. Les gens ont peur dans les 2 communautés. La violence, c'est les étrangers…l'assassinat au magasin de chaussures de l'avenue de Clichy, c'était encore l'un d'eux…Non la violence ne vient pas que des étrangers. L'Islam n'est pas responsable des meurtres commis en son nom.

Voici 2 versets du Coran : le premier exalte celui sauve quelqu'un et le second condamne celui qui tue.

"Celui qui aura rendu la vie à un homme sera regardé comme s'il avait rendu la vie à tout le genre humain. Coran V,35

"Celui qui aura tué un homme, sans que celui-ci ait commis un meurtre ou exercé des brigandages dans le pays, sera regardé comme le meurtrier du genre humain tout entier (Coran V , 35)


Les gens honnêtes et bons souffrent de cet amalgame et ont peur. Il est urgent de créer des liens dans nos quartiers respectifs, d'aller vers les gens, de sourire, de rompre le silence qui sépare, de créer un climat de confiance et d'amitié dans le respect mutuel.

La visite aux malades du voisinage est toujours très appréciée. Porter avec les familles le souci des enfants ouvre les cœurs et les portes. Lutter ensemble pour les droits de l'homme et la dignité de tous à partir des problèmes de nos quartiers, permet de partager dans la réciprocité.

" Les joies, les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps , des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent sont aussi les joies, les espoirs les tristesses et les angoisses des disciples du Christ et il n'est rien d'humain qui ne trouve écho dans leur cœur" Gaudium est spes N°1"

Ceux qui sont dans le besoin :

Plusieurs d'entre nous sont engagés dans la lutte contre la misère qui touche les pauvres de nos quartiers et dans l'accueil. Beaucoup d'étrangers nous sollicitent. Il y a ceux qui sont pauvres de tout et qui attendent tout de nous. La providence m'a fait rencontrer des squatters guinéens qui seront expulsés au beau temps pour aller où? Que faire pour toutes ces personnes "en mouvement"? Quels engagements pour la justice? "ce sacrement de l'amour." La question reste posée.

L'aide d'urgence est importante. Mais Ils nous faut aussi aider à progresser lentement jusqu'à une certaine autonomie et dignité en dirigeant ces pauvres vers des organismes qui ont la possibilité de leur apprendre à lire, à coudre…Plus difficile est l'aide envers des personnes instruites et porteuses de l'agressivité provoquée par des siècles d'histoire douloureuses ou des problèmes récents entre leur pays et le nôtre. Il nous faut cependant les accueillir et essayer de les comprendre.

L'accueil, le respect, l'humilité, la joie : telles sont les qualités essentielles pour qui désire aller à la rencontre d'un étranger et l'aider.

L'accueil à l'égard des Africains est très important. Rien ne les choque autant que d'être ignorés quand, dans un groupe, on salue une seule personne sans les voir. Nous avons parfois un regard et une attention limités.

Celui qui vient vers nous a du mal à nous confier ses peines, ses besoins. Si on lui demande de but en blanc: "Que voulez-vous?" il ne dira rien et partira. Il faut du temps. Il parlera alors de tout et de rien et, juste avant de partir, nous confiera sa peine, sa joie, le but de sa visite.

Respect, humilité : On ne peut regarder de haut celui que l'on sert quand on l'aime. Il faut plutôt se faire pardonner notre aide. Je me permets de vous lire un passage du livre "Kiffe kiffe demain" de Faïza Guène. Il illustre, dans un style saisi sur le vif, un peu choquant, ce que ressent une jeune maghrébine face à une assistante sociale qui apporte une aide du haut de sa grandeur, sans intérêt, sans respect et sans amitié.

"Le semaine dernière, Mme Dutuc, l'assistante sociale de la mairie, est revenue à la maison. Cette femme, c'est vraiment une "fou la merde". A peine maman lui a ouvert la porte qu'elle lui lance entre ses dents blanches et identiques :

- Oh là, vous avez une mauvaise mine…ouh là là…

En plus, elle a fait au moins dix fois le tour de l'appartement comme si elle visitait les catacombes.

- Il faudra penser à changer le joint du robinet de la cuisine.

Elle avait dit ça avec son air supérieur qu'elle sait trop bien prendre parfois. Je me demande si elle n'a pas choisi ce métier parce que ça la rassurait de s'occuper de la misère des gens. Maman a fait l'effort de lui préparer du thé à la menthe, mais elle l'a à peine bu.

- C'est vraiment très bon…(Elle faisait une bouche en cul-de-poule. ) Mais par contre…heu…c'est très sucré…Il faut que je fasse attention à ma ligne…

- …Mme Dubidule , elle a taillé la mine de maman, son thé à la menthe et pourtant, elle s'en fichait…

Madame Dumachin a pris un air grave et lui a proposé une formation dans une structure d'accueil pour analphabètes à Bondy…

Avant de partir, elle m'a regardée en fouillant dans son sac "Vieuthon" et elle m'a dit:

- J'ai quelque chose pour toi…

J'avais l'impression d'avoir huit mois et quelle m'annonçait qu'elle allait bientôt changer ma couche ou me donner un petit pot aux artichauts à bouffer.

En fait, elle m'a donné un chèque lire pour avoir des bouquins gratos. Je me sens régresser avec tous ces gens qui me traitent comme une assistée. Allez tous au diable.

La joie, pas nécessairement une joie exubérante, mais une joie intérieure, celle que nous éprouvons lorsque nous retrouvons des personnes que nous aimons bien, doit nous habiter lors de nos rencontres.

Relation avec des musulmans:

L'histoire entre chrétiens et musulmans est conflictuelle depuis les origines.

Un respect plus grand s'impose. En général, nous restons plutôt discrètes sur le plan de nos religions respectives. Là, "un abîme nous sépare." Ce qui n'exclut pas de parler de Dieu qui est très présent à leur vie comme à la nôtre. Aucune difficulté pour leur dire que nous prions pour eux et pour solliciter leur prière. Le dialogue de la vie reste toujours possible et de solides et vraies amitiés peuvent naître entre nous. C'est une maman musulmane qui va accompagner au catéchisme un enfant chrétien dont la maman travaille le mercredi. Ce serait merveilleux si chaque famille chrétienne pouvait créer des liens amicaux avec l'une ou l'autre famille musulmane ! Cela changerait l'ambiance de nos cités et ferait avancer la paix dans le monde

"Allons ailleurs, c'est pour cela que je suis "sorti " (Marc 1, 38 - Luc 4, 43)

"Je suis "sorti" de Capharnaüm" Jésus ne veut pas se laisser accaparer par une foule particulière, attachée aux miracles plus qu'à sa personne et sa parole.

"Je suis "sorti" de Dieu Dieu"."Dans ce passage, Jésus répond à Pierre qui s'inquiète car il a quitté les gens de Capharnaüm, "Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi. C'est pour cela que je suis "sorti "( St Luc dans le texte parallèle remplace "sorti" par "envoyé." Jésus est venu, "sorti," d'auprès du Père, ( cf. Phil. 2).

Jésus est "sorti" du Père pour annoncer son amour fou. Pour cela, Il quitte sa famille, son village, son métier. Il connaît la joie de l'amitié de Lazare et de ses sœurs, celle de la rencontre d' hommes et de femmes qui croient en lui. Mais il souffre de l'incompréhension, de la trahison et de l'abandon. Il connaît la fatigue, la faim, la soif, la solitude, la tristesse.

"Quoi de plus fou que de choisir ses disciples chez les pêcheurs galiléens, les

publicains, les prostituées, les pauvres gens?"

"Quoi de plus fou que d'aller à la mort désarmé et de mourir en pardonnant?"
Jésus fait confiance au Père. Sur la Croix, il accepte d'étendre les bras, mais c'est pour rencontrer la grande main du Père qui le ressuscite. "Père, je remets mon âme entre vos mains." (Lc, 23,46)

Nous avons des moments privilégiés où nous pouvons faire passer, de nos mains entre celles du Christ, tout ce qui constitue notre vie de chaque jour et celle de ceux que nous
aimons ou que nous essayons d'aimer malgré nos propres infirmités, nos lassitudes, nos refus et nos échecs. Cela s'accomplit dans l'Eucharistie :" Par Lui, avec Lui, en Lui…"

"L'Eucharistie, c'est nous. Ce n'est mémorial que si Jésus accomplit aujourd'hui en nous l'offrande de sa vie."

. La prière, un autre moment privilégié : dans le silence, nous rendre présents à Dieu, vivre sous son regard, "prendre le temps de laisser Jésus dessiner en nous son visage" demande une sortie de nous même très difficile, voire impossible, sans son aide et le don de l'Esprit Saint.


Conclusion :

"Voyez comme ils s'aiment"

Paroisse Saint Joseph, nous sommes une communauté de frères et de sœurs du Christ:

Chrétiens originaires de France ou d'ailleurs, nous sommes heureux de nous retrouver, de célébrer le Christ ensemble, de faire la fête ensemble… "Il n'y a qu'une mission dans l'Église : l'expansion de l'amour de Dieu." Forts de la puissance de l'Esprit Saint, puissions-nous vivre la folie de l'Évangile et trouver avec lui les paroles et les gestes qui font vivre!. Alors notre vie aura du goût pour nous et nos frères. Ceux qui nous verrons vivre pourront dire : "Voyez comme ils s'aiment !" et ils auront envie de nous rejoindre.      Retour début