Formation St Jo : cycle 2004-2005
Intervention de Bernard HORVET
Sur Les Pas de François d'Assise
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des Rencontres
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4ème Rencontre du 12 février 2005
Comment penser à la paix, en parler, y croire et la faire vivre ?
D’abord qu’est-ce que la paix ? On pense parfois à la tranquillité. C’est peut-être un sentiment personnel de calme, peut-être une situation communautaire de non guerre.
La paix peut-elle être imposée par la force ?
Nous cherchons sûrement à vivre en paix en famille, avec les voisins, au travail.
Ne pas être en paix c’est souffrir par notre faute ou à cause de menaces réelles ou supposées que nous ressentons.
Quels sont les motifs, les raisons qui nous empêchent de vivre en paix ?
Nous ressentons la peur, l’injustice et tout ce qui tourne autour : l’envie, la jalousie, l’orgueil, l’appât du gain, la colère, l’instinct de domination, la crainte de manquer des biens que nous estimons indispensables à notre mode de vie.
Ces comportements mènent è la violence, à la misère, à la déshumanisation.
Comment donc trouver la sagesse qui permettra d’éviter ces pièges ?
Réfléchissons d’abord à ce qu’est la peur, celle qui nous tracasse lorsqu’il faut aborder un problème … pas le problème de prendre la parole ici … mais celui qui nous fait nous interroger sur la relation à établir avec quelqu’un. Pourquoi y a-t-il une difficulté ? Tout simplement parce que ce quelqu’un ce n’est pas nous ; nous sommes différents l’un de l’autre. Nous avons besoin de lui ou bien nous voulons le rejeter ou bien nous croyons qu’il a ces sentiments à notre égard. Parfois l’un ou l’autre a un complexe. Notre identité ne trouve pas sa correspondance. On en conclut qu’il vaut mieux s’ignorer. C’est mieux que de se mépriser, de s’insulter, de se battre.
Quand on ne peut plus » se sentir «, on s’affronte.
Quand on se sent différent d’un autre, on est parfois humilié, à moins que l’on se sente « supérieur ». Si nous sommes différents ce n’est pas forcément une catastrophe c’est souvent une chance.
La richesse des connaissances ou des biens matériels se partage et fructifie . Sans attendre les appels à la générosité lancés à l’occasion des catastrophes naturelles, nous pouvons partager ce qui nous est parfois précieux simplement par habitude. Y a-t-il d’autres moyens de lutter contre la peur et l’injustice ?
Alors je m’interroge comme chacun de nous ici réunis. Je fais ce que je peux, mais est-ce bien vrai ?
Mes activités actuelles m’amènent à partager le plaisir de chanter avec des familles du mouvement ATD Quart Monde. Ce mouvement, par son dynamisme et ses recherches de justice et de respect réciproque de tous les humains m’a beaucoup provoqué et fait admettre l’égale dignité de tous.
Voici quelques lignes extraites des statuts du mouvement ATD Quart Monde :
« Tout homme porte en lui une valeur fondamentale inaliénable qui fait sa dignité d’homme. Quels que soient son mode de vie ou sa pensée ; sa situation sociale ou ses moyens économiques , son origine ethnique ou raciale, tout homme garde intacte cette valeur essentielle qui le situe d’emblée au rang de tous les hommes. Elle donne à chacun le même droit inaliénable d’agir librement pour son propre bien et celui des autres ». (extrait des options de base du Mouvement ATD Quart Monde. 1965)
… L’ensemble des efforts du Mouvement ATD Quart Monde s’enracine dans la pensée et l’action de son fondateur Joseph Wresinski, prêtre…
… Il appelle des hommes et des femmes, de toutes origines sociales, culturelles, religieuses ou philosophiques, de toutes générations, à s’engager solidairement auprès des populations en grande pauvreté en France et partout dans le monde, notamment au sein des équipes du Volontariat international ATD Quart Monde, qu’il soutient particulièrement…
… Il mobilise l’opinion publique…
… Il interpelle les institutions et organismes territoriaux, nationaux et internationaux pouvant concourir à la réalisation de son objet…
Geneviève de Gaulle Anthonioz disait que l’objet d’ATD Quart Monde, c’est » l’accès de tous aux droits de tous ». La paix en fait partie. Et je crois que ces pistes mènent à la paix.
Pour alimenter ma réflexion en vue de ce partage sur la paix, j’ai relevé des titres dans le journal La Croix. (publicité non payée)
Titre page 3 le 2 décembre 2004 ; » L’armée française mise en cause en Côte d’Ivoire ».
Mes réflexions :C’était quoi la Côte d’Ivoire au temps de Jésus-Christ, et en 1515 et en 1789 ? Sommes-nous capables d’y apporter la paix aujourd’hui ?
Ferons-nous cesser les injustices ? Qui se plaint ? Je pense surtout aux enfants.
Page 22 le 6 décembre. » L’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) contribue à libérer 300 personnes chaque année » Et je pense alors à l’association Reporters sans frontières qui sur un autre plan nous fait prendre conscience de la torture infligée aux journalistes-otages et à leurs familles.
Titre page 3 le 6 décembre : » Côte d’Ivoire, le calme après la tempête ».
Je m’interroge : Pourquoi certains Français sont-ils partis, pourquoi d’autres sont-ils restés ? Et les Ivoiriens réfugiés au Liberia ?
Encore page 3 le 6 décembre ! »Les réfugiés de Naplouse veulent un leader qui résolve la crise » Ma prière : Ils veulent la paix la paix . Seront-ils entendus ?
Titre page 4 le 9 décembre : »Pour le Proche-Orient , de nombreux obstacles sur le chemin de la paix ». Mon inquiétude : Est-ce un problème d’argent ? L’Autorité palestinienne demande 3,5 milliards d’euros sur 3 ans.
Le 21 décembre : »La quasi-guerre déclarée du Rwanda dans l’ex Zaïre ». Je pense : Encore !
Le 31 décembre : »Dans le sud du Soudan, la paix est en vue après 20 ans de guerre ».
Je dois rêver, l’année se termine sur une bonne nouvelle !
Page 9 le 3 janvier 2005 » En Ouganda le nouvel an n’a pas apporté la paix. Combats violents ».
Le 4 janvier »Une chance historique pour la paix en Israël et en Palestine ».
Ma question : Qui succèdera à Yasser Arafat et sera un interlocuteur accepté par Ariel Sharon ?
Autre titre le 4 janvier : »Cent imams et rabbins s’engagent pour la paix ». Alors, là : Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! Engageons-nous sur la même voie. Que Dieu nous garde et nous guide !
Page 10 le 5 janvier « Plan de paix : Des Palestiniens rouvrent le débat sur la paix ».
J’ajoute quelques détails et commentaires du journaliste : » En décembre 2003 une quarantaine de personnalités palestiniennes et israéliennes s’étaient réunies à Genève et proposaient un plan de paix avec constitution d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale. En 2003 ils s’étaient fait moquer et menacer ».
Mais voilà , le désir de vivre en paix renaît d’un côté ou d’un autre. L’Evangile nous engage à ne pas avoir peur et d’œuvrer pour la justice donc pour la paix.
Je saute 3 semaines :
Le 27 janvier : « Europe, souviens-toi ! ». C’et l’anniversaire de la libération d’Auschwitz. La Paix pouvait-elle advenir après cette ignominie ?
Le 29 et 30 janvier : « Après la Shoah, le travail de mémoire des juifs et des catholiques ». Commentaire : « Reconnaissons nos fautes ».
Le 8 février : Titre : « Sharon et Abbas, promesses de paix ».
Ma question : La paix suit-elle ou précède-t-elle la réconciliation ? Peut-il y avoir l’une sans l’autre ?
Bernard