Assemblée paroissiale sur l’eucharistie Nov 09


NON, « LA » MESSE N’EST PAS « MA » MESSE  !



1. ALLER A LA MESSE ?


Il n’y a pas si longtemps, lorsque les sondages d’opinion parlaient du catholicisme, étaient considérés comme pratiquants ceux qui déclaraient aller à la messe tous les Dimanches. Aujourd’hui, sont considérés comme pratiquants ceux qui déclarent aller à la messe en moyenne une fois par mois …

En France ( mais pas seulement en France ), la pratique religieuse, et notamment celle de la messe dominicale, est en baisse constante. Ce qui n’empêche pas un Français sur deux de se dire catholique. Le catholique ne se définit donc plus par la pratique de la messe dominicale. Que se passe-t-il ? Sans doute, entre autres raisons, la messe semble-t-elle vide de sens pour des gens qui pourtant gardent contact avec l’Eglise. Lorsque, au catéchisme, on parle de première communion et qu’on essaie d’expliquer aux parents que ce serait bien si leur gamin venait à la messe de temps en temps, bien souvent les parents nous répondent, d’une manière ou d’un autre, qu’ils ne voient pas le rapport entre la communion et la messe. Hélas, je n’exagère pas !


La messe n’est donc plus de l’ordre de la nécessité ni de l’évidence … si tant est que ce fut le cas un jour. Elle est sortie de l’organisation spontanée de la semaine chez beaucoup de catholiques, même convaincus, même engagés. L’automatisme de la messe dominicale ne va plus de soi. Qu’entendons-nous pour justifier cette désaffection ? Même célébrée en Français, on n’y comprend pas grand chose, on s’y ennuie, c’est toujours pareil, bref, on se demande à quoi ça sert. Et si on y regarde bien, il y a une difficulté plus profonde : on ne voit pas le lien, le rapport entre la messe et le reste de notre vie. La messe, aussi bien préparée et animée soit-elle, est comme une parenthèse dans notre vie : on laisse notre quotidien au porte-manteau en entrant et on le reprend en sortant. « Quel rapport y a-t-il entre cette assemblée réunie dans cette église, quel rapport y a-t-il entre l’action qui se passe à l’autel et la vie ? Qu’est-ce que nous voulons, finalement ? Nous voulons vivre à plein, nous voulons donner à la vie toutes ses chances, toute sa grandeur, toute sa beauté. Il faut donc qu’il y ait un rapport essentiel entre la vie et ce que nous accomplissons à la messe  » ( M. ZUNDEL ).


Vous connaissez peut-être l’histoire par laquelle T. RADCLIFFE, ancien maître général de l’ordre des Dominicains, commence son livre sur l’eucharistie : une mère n’arrive pas à tirer son fils du lit pour l’envoyer à la messe. « Laisse-moi s’il te plaît, répond le fils. C’est tellement assommant. Pourquoi devrais-je m’imposer cette corvée ? - Pour deux raisons, mon fils. La première, c’est que tu sais qu’il faut aller à la messe le dimanche ; la seconde,  c’est que tu es l’évêque du diocèse ». Et RADCLIFFE d’ajouter : « beaucoup de gens dans le passé allaient à l’église par peur, autrement, d’être punis par Dieu. Mais cette menace ne risque guère, au XXI° s, de remplir nos églises. Qui pourrait croire que notre Dieu est un Dieu d’amour s’il faut une menace de damnation pour nous forcer à venir L’adorer ? »


Nous avons aujourd’hui du mal à appréhender le sens profond et toute la richesse de la messe, et par conséquent du mal à en faire un moment important de notre vie, a fortiori l’événement central de notre semaine. Pour comprendre cette difficulté, il nous faut regarder ce que fut l’évolution de la messe au cours des siècles, et pour cela effectuer un bref parcours historique. C’est le vieux principe du randonneur : quand tu es perdu, pour savoir où tu es, regardes d’où tu viens …



2. UN PEU D’HISTOIRE


Car, ne nous y trompons pas, la difficulté n’est pas récente : elle apparaît au Moyen-Âge. Pourquoi ? Parce que, de fait, le seul érudit, la seule personne cultivée dans la société médiévale, c’est le prêtre. Du coup, la messe devient peu à peu l’affaire du clergé : le prêtre est de plus en plus un homme de pouvoir ( on parle du « pouvoir de consacrer » ). Le latin reste la langue des seuls clercs, le reste de la population parlant d’autres langues.

L’influence grandissante des monastères change aussi la manière de célébrer : le sanctuaire fermé est réservé aux moines, le reste des personnes étant relégué dans la nef, qui est parfois très loin ( regardez le plan des grandes abbayes médiévales ). Peu à peu, les clercs vont, dans tous les sens du mot, tourner le dos à ce peuple qui est, à tous points de vue, de plus en plus éloigné de lui. Le laïc, comme on dira, « entend » la messe : il n’y participe pas. Et cela va durer très longtemps : dans le roman d’H. BAZIN, « vipère au poing », situé dans les années 1920, le père de famille dit à ses enfants : « tous les matins ( … ) vous vous rendrez à la chapelle pour entendre la messe du Père Trubel ».


Comme le peuple n’a plus accès à l’action de la messe, on voit se développer des dévotions qui, de fait, la remplacent : adoration, chemin de croix, chapelet, livres d’heures … Les gens feuillettent leur livre ou récitent leur chapelet pendant que le prêtre, là-bas, au loin, accomplit des rites mystérieux dans une langue incompréhensible. Aujourd’hui encore, on voit des paroissiens qui récitent leur chapelet ou se plongent dans un livre de prières … ou dans la feuille d’informations paroissiale pendant la messe.


A la Renaissance, en réaction contre la Réforme protestante, au concile de Trente ( 1545 – 1563 ) l’Eglise Catholique réaffirme l’importance de la notion de sacrifice eucharistique. Cela renforce évidemment le rôle du prêtre, chargé et lui seul d’offrir le sacrifice, un peu comme les prêtres du Temple de Jérusalem. De même que seul le grand prêtre avait accès au coeur du Temple - le Saint des Saints - pendant que les fidèles l’attendaient dehors, de même, dans l’Eglise, l’assemblée n’est toujours pas associée à la liturgie. Un effort sera cependant fait pour les laïcs avec l’apparition du missel, notamment celui qui, avec ses deux colonnes latin-français, permet à ceux qui savent lire de suivre ce qui se passe. Avec l’immense développement artistique de la Renaissance, la musique va prendre une place grandissante dans la messe, où la prédication a souvent disparu et où la communion est rare : la messe est devenue un spectacle sacré. Ecoutez les œuvres religieuses de Bach ou de Mozart : c’est évidemment très beau, et parfois sublime, mais nous sommes davantage dans le domaine du concert que dans celui de la liturgie …


Il faudra attendre le XIX° s pour voir une certaine participation de l’assemblée, essentiellement par l’apparition du cantique.

En 1905, le Pape Pie X rétablit la communion fréquente, mais elle mettra beaucoup de temps à entrer dans le fonctionnement réel de l’Eglise. Le « catéchisme à l’usage des diocèses de France », édition 1947, dit textuellement : « Question : Quand l’Eglise vous ordonne-t-elle de communier ? Réponse : l’Eglise m’ordonne de communier au moins une fois chaque année, au temps de Pâques ».

Certes, les prêtres ouvriers, les aumôniers Scouts ou les aumôniers d’Action Catholique, dans les années 50, bougeront un peu la liturgie, mais cela reste des aménagements plus ou moins autorisés, plutôt moins que plus, d’un rite figé depuis le Concile de Trente, donc depuis 4 siècles. C’est le Concile Vatican II ( 1962 – 1965 ) qui changera vraiment la problématique : dans sa Constitution sur la liturgie il affirmera, dans une formule devenue célèbre : « la mère Eglise désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques ». Et il ajoute : « les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Eglise, qui est le sacrement de l’unité, c’est-à-dire le peuple saint réuni ».


C’est cette notion de célébration de l’Eglise et de peuple réuni qu’il nous faut approfondir si nous voulons entrer dans la richesse de l’Eucharistie. Bien évidemment, ce n’est qu’un des aspects de l’Eucharistie, il en existe bien d’autres ! Mais nous avons choisi de commencer par celui-là parce qu’il s’agit probablement d’un enjeu décisif pour la vie de nos communautés chrétiennes, partant du principe bien connu : un chrétien isolé est un chrétien en danger. Et comme nous sommes de plus en plus isolés …



3. L’EUCHARISTIE, ACTION DU PEUPLE DE DIEU


Car la messe n’est pas un spectacle mais une action. Et la messe n’est pas une action individuelle mais une action collective, une action qui fait l’Eglise : « l’Eglise vit de l’Eucharistie », c’est le titre de l’encyclique de Jean-Paul II sur la question. Il y écrit ceci : « l’Eglise est appelée à maintenir et à promouvoir aussi bien la communion avec le Dieu Trinité que la communion entre les fidèles. A cette fin elle dispose de la Parole et des Sacrements, surtout de l’Eucharistie » ( Ecclesia de Eucharistia ).

C’est saint Paul qui nous servira de repère dans notre réflexion : la coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas une communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps, car tous nous participons à cet unique pain ( 1 Co 10,16-17 ) L’Eucharistie, c’est l’acte que Jésus accomplit en nous rassemblant et en faisant de nous dans le même temps les membres les uns des autres et les membres de l’Eglise, ce corps dont le Christ est la tête comme dit saint Paul. L’Eucharistie est donc tout le contraire d’une dévotion individuelle.


Lorsque je viens à la messe, c’est bien sûr un rendez-vous avec le Seigneur, mais c’est donc aussi un rendez-vous en Eglise, un rendez-vous avec mes frères chrétiens, y compris ceux que je ne connais pas, y compris ceux que je n’aime pas. « Au sein même d’un monde divisé, traversé par tant de haines, le Repas du Seigneur ( 1 Co 11,20 ) rassemble dans l’unité des hommes et des femmes qui s’ignoraient et peut-être se rejetaient » ( « Catéchisme pour adultes » des évêques de France ). Et ce rendez-vous est d’autant plus indispensable que nous sommes moins nombreux et que la religion catholique tend à disparaître de la scène publique. Plus que jamais, à Paris comme ailleurs, la messe dominicale se doit d’être le rassemblement de la communauté chrétienne. Notre archevêque nous le demande de manière insistante, je le cite : « Les Eucharisties dominicales n’ont pas vocation à être indéfiniment multipliées mais doivent, au contraire, rassembler le plus possible la communauté paroissiale qui y trouve son identité » ( Card. Vingt-Trois, rencontre diocésaine des conseils pastoraux des paroisses de Paris ). En disant cela, notre archevêque se situe dans la ligne des Papes récents : « En réunissant chaque semaine les chrétiens comme famille de Dieu autour de la table de la Parole et du Pain de vie, l’Eucharistie dominicale est l’antidote le plus naturel à la dispersion ». ( JEAN PAUL II « Novo millenio ineunte » - fin Jubilé 2000 - ). En écho aux paroles de saint Paul que je citais, Benoît XVI reprend la même problématique : « L’Eglise n’est donc pas le résultat d’une somme d’individus, mais une unité entre ceux qui sont nourris de l’unique Parole de Dieu et de l’unique Pain de vie ». ( BENOIT XVI, discours lors du congrès du diocèse de Rome Mai 2009 ).


Un même pain, une même Parole nous unissent : les prières eucharistiques nées du Concile Vatican II le disent clairement. Dans la II° : « nous te demandons qu’en ayant part au corps et au Sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps ». La III° : « quand nous serons nourris de son corps et de son sang et remplis de l’Esprit Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ ». La IV° : « accorde à tous ceux qui vont partager ce pain et boire à cette coupe d’être rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps ». A noter que cet accent n’existe pas dans la prière eucharistique N° 1, celle qui est issue de l’ancien missel.


« Le sens premier de la messe, c’est de rassembler tous les hommes, sans exception, autour de la même table, dans la même fraternité, dans le même amour, c’est ce que dit saint Paul : nous sommes tous un seul corps, car tous nous participons à un unique pain. Et c’est justement pour former ce corps unique qui doit embrasser toute l’humanité, et dont personne n’est exclu, que nous nous rassemblons pour rencontrer l’Ami des hommes qui est Jésus Christ et, à travers lui, rencontrer tous les hommes » ( M. Zundel ). La III° prière eucharistique affirme de manière explicite la dimension universelle de la messe, qui concerne tous les hommes et pas seulement les baptisés : « étend au monde entier le salut et la paix … ramène à toi, Père très aimant, tous tes enfants dispersés ».



4. L’EUCHARISTIE POUR L’HUMANITE


« En effet, il est impossible de célébrer la messe sans la vivre comme une rencontre avec toute l’humanité : il faut la vivre comme le rassemblement de toute l’histoire, comme une récapitulation de toute la création. Nous ne sommes pas là pour nous, nous ne sommes pas là pour nous rassurer, pour nous donner une bonne conscience, nous sommes là pour nous solidariser avec toute l’humanité. Le Christ a voulu que tous, nous ne formions qu’un seul corps, lui qui tient toute l’histoire, lui qui est l’unité du genre humain. Jésus est toujours là puisqu’il est intérieur à chacun de nous, et l’eucharistie a pour but de nous rendre présents à celui qui est une Présence éternelle. L’eucharistie veut nous rassembler, nous unir : il est impossible de vivre la liturgie si on ne la vit pas comme une rencontre avec toute l’humanité » ( M. Zundel ). La messe est donc une prière dans le monde et pour le monde, messe sur le monde disait Teilhard de Chardin, et non un rite clos sur lui-même. Ce que nous célébrons dans l’Eucharistie dépasse infiniment le cercle des baptisés.


« En s’unissant au Christ, le peuple de la Nouvelle Alliance, loin de se refermer sur lui-même, devient « sacrement » pour l’humanité, signe et instrument du salut opéré par le Christ, lumière du monde et sel de la terre pour la rédemption de tous ». Reprenant une des intuitions fortes du Concile Vatican II : « l’eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne » ( constitution sur l’Eglise ), Jean-Paul II ajoutait : « L’eucharistie apparaît comme la source et le sommet de toute l’évangélisation, puisque son but est la communion de tous les hommes avec le Christ et en lui avec le Père et l’Esprit Saint ». ( JEAN PAUL II, encyclique « Ecclesia de eucharistia » ).



5. L’EUCHARISTIE AUX DIMENSIONS DE L’UNIVERS


Rencontrer tous les hommes : de même que la communion ne se limite pas au fait de recevoir le Corps du Christ, de même, la dimension universelle de la messe ne se limite pas à la prière du même nom, heureusement d’ailleurs ! Lorsque nous venons à la messe, en plus de nous demander si on va retrouver des visages connus, en plus de penser à ceux que l’on va retrouver à la sortie, il nous faut ouvrir nos horizons et notre prière, y rendre présente toute l’humanité, y compris celle qui ne connaît pas ou refuse le Christ, et qui n’est pas seulement à l’autre bout de la planète. Je viens à la messe porteur du souci d’annoncer le Christ à ceux qui ne le connaissent pas, y compris dans mon entourage. L’Eucharistie n’est vraiment celle de l’Eglise que si elle respire large. Dans son encyclique, Jean-Paul II le disait magnifiquement avec des mots très personnels, ce qui est rare dans ce genre de document romain : «  Quand je pense à l’Eucharistie, je me rappelle les nombreux moments et lieux où il m’a été donné de la célébrer. Je me souviens de l’église paroissiale de Niegowic, de la collégiale saint Florian à Cracovie, de la cathédrale du Wavel, de la basilique saint Pierre et des nombreuses basiliques et églises de Rome et du monde entier. J’ai pu célébrer la Messe dans des chapelles situées sur des sentiers de montagne, au bord des lacs, sur les rives de la mer ; je l’ai célébrée sur des autels bâtis dans les stades, sur les places des villes … Ces cadres si divers de mes célébrations eucharistiques me font forcément ressentir leur caractère universel et pour ainsi dire cosmique. Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde. Elle est un lien entre le ciel et la terre. Elle englobe et elle imprègne toute la création ».







6. L’EUCHARISTIE CONCERNE NOTRE MANIERE DE VIVRE


L’Eucharistie n’est pas une parenthèse, aussi pieuse soit-elle, dans notre vie : elle doit être aussi une invitation à un agir chrétien. Si nous vivons vraiment la messe, nous devons en ressortir différents. Sinon, c’est que nous préférons, consciemment ou pas, que la Parole et le Pain du Christ n’aient pas d’action efficace en nous, n’aient pas d’effet sur nous. Je fais miens ces mots de M. Zundel : « Nous sommes ici ( à la messe ) pour nous charger d’humanité, pour nous charger de l’amour de l’homme à travers Jésus Christ. Nous sommes ici simplement pour nous charger de Dieu pour le donner aux autres. Nous sommes ici pour nous grouper autour du Christ, afin de puiser dans son cœur une passion plus grande pour la justice, une passion plus grande pour la beauté de l’homme et du monde.

Il est impossible, si l’on vit la messe, si l’on vit ce repas où le Seigneur lui-même nous donne rendez-vous à tous, qu’ensemble nous ne formions tous une chaîne d’amour dans le rayonnement de son Amour. On ne peut vivre la messe sans emporter avec soi le désir de transfigurer la vie, de la rendre plus belle et les autres plus heureux ».

Conséquence : « Le partage de la Parole et du pain eucharistique engage les croyants à se faire des hommes de partage » ( catéchisme pour adultes ). T. RADCLIFFE ajoute : « l’eucharistie a rapport avec la totalité de notre vie. Toutes nos expériences ( ce que signifie le fait d’être vivant, de trouver du sens et de le perdre, d’être dans la joie et de souffrir ) sont éclairées par l’eucharistie et, réciproquement, l’éclairent. C’est le sacrement de notre joie, de note liberté et de notre espérance ». Et il conclut son livre par ces mots : « si nous nous rassemblons dans notre communauté paroissiale, c’est parce que nous sommes prêts à nous laisser intégrer à la communauté de foi qui s’étend à travers le temps et l’espace depuis Abraham au tout dernier bébé baptisé. Nous nous rassemblons comme communauté d’espérance, de manière à pouvoir partager notre espérance avec tous ceux qui ne voient d’avenir ni pour eux ni pour l’humanité. Nous nous rassemblons pour être intégrés à une communauté d’amour, la Trinité. ». Foi, espérance, amour : les trois grandes vertus chrétiennes, appelées « vertus théologales », sont au cœur de l’Eucharistie.



CONCLUSION


Alors, pour nous comme pour l’évêque dormeur de RADCLIFFE, aller à l’église le Dimanche, pourquoi ? Bien sûr qu’il est nécessaire d’honorer aussi le Seigneur par une prière personnelle : celle-ci est indispensable à notre vie spirituelle. Mais elle ne suffit pas. Le chrétien n’est pas un être isolé ; avec ses frères, il forme un même corps, l’Eglise, Corps du Christ, et c’est en Eglise que le chrétien trouve son épanouissement personnel. La messe dominicale est certes un événement où nous engageons et affirmons notre foi personnelle, où nous venons la nourrir, mais il nous faut pour cela sans cesse redécouvrir sa dimension communautaire. Sans oublier que, comme le dit RADCLIFFE, « la communauté eucharistique ne se réduit pas au petit groupe de fidèles qui se réunissent autour de l’autel ». Dimension communautaire, mais aussi universelle au sens fort du terme, écoutons saint Paul parler du Christ : tout est maintenu en lui, et il est, lui, la tête du corps qui est l’Eglise … Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute la plénitude et de tout réconcilier par lui et pour lui, et sur la terre et dans les cieux. ( Col 1,17-20 ). Chaque Eucharistie porte en elle la globalité du projet de Dieu : rassembler tous les hommes autour du Christ.


Ph. Bernard, Nov 2009


SOURCES :

Missel romain

Catéchisme à l’usage des diocèses de France

Timothy RADCLIFFE, « pourquoi aller à l’église ? »

François BECHEAU, « histoire des Conciles »

Jean-Paul II, encyclique « l’Eglise vit de l’Eucharistie »

Ecrits de Maurice ZUNDEL, notamment « un autre regard sur l’Eucharistie »

« Catéchisme pour adultes » des évêques de France

Mgr R. POINARD, « brève histoire de la messe » ( exposé )

Documents du Concile Vatican II : constitution sur la liturgie ; constitution sur l’Eglise