Plan

 

1 - Le premier périple de Paul (Chapitres 13 et 14)

2 - L'Assemblée (ou "Concile") de Jérusalem (15,1-35)

3 - Le deuxième périple de Paul

4 – Le troisième périple de Paul

5 – La montée à Rome : "jusqu'aux extrémités de la terre"

 


5° Séance                                                                  26 mai 2003

Jusqu'aux extrémités de la terre

C'est donc aujourd'hui notre dernière séance. J'avais prévu, à l'origine, de consacrer deux de nos rencontres aux voyages de Paul. Je ne puis donc le faire que durant cette soirée, aussi ai-je sélectionné quelques passages caractéristiques pour évoquer l'activité de Paul.

1 - Le premier périple de Paul (Chapitres 13 et 14)  

* L'envoi (13,1-3)

Le chapitre commence par une brève description de l'Eglise d'Antioche. Si Jérusalem avait les apôtres (cad les douze), Antioche a des prophètes et des docteurs. On nous dit que ces prophètes et ces docteurs "célébraient le culte du Seigneur et jeûnaient". Le culte est certainement l'eucharistie, quant au jeûne c'est sûrement une allusion aux paroles du Christ : le temps est venu où l'époux a été enlevé et, par conséquent, le jeûne s'impose, ce qui signifie sans qu'il devient un trait de l'Eglise primitive lorsqu'une décision importante doit être prise.

Dans ce contexte, on impose les mains à Barnabé et à Paul pour une mission qui sera le premier voyage de Paul et qui date des années 46-49. Cela se passe sans doute lors d'une assemblée qui réunit les membres des petites communautés d'Antioche.

Les docteurs sont sans doute des hommes capables de retenir et d'expliquer les traditions. Et les prophètes sont d'autres personnalités qui sont notables pour leur capacité à discerner les voies dans lesquelles la communauté doit s'engager pour que l'avenir soit conforme à l'espérance contenue dans la foi au Seigneur. En l'occurrence, le temps est venu pour Paul de s'engager dans l'œuvre pour laquelle il a été appelé.

Jusqu'à présent l'évangélisation a été faite au gré des événements. Désormais elle suivra des plans réfléchis que le tracé des itinéraires de voyage de Paul rend manifeste. Il suit les voies de communication naturelles et conçoit des itinéraires de plus en plus amples, mais de telle sorte qu'il puisse au retour visiter à nouveau certains lieux où il été créé des communautés nouvelles afin d'affermir le cœur de ceux qui sont devenus disciples.

Le premier périple va au cœur de l'Asie mineure. Les suivants iront beaucoup plus loin, jusqu'en Macédoine, puis à Athènes et retour à Antioche, le troisième se terminera à Jérusalem où Paul sera arrêté et emmené de là à Rome.

* Le premier voyage

Nous n'en retiendrons que quelques épisodes :

- A Chypre (13,4-12) Paul et Barnabé prêchent dans les synagogues. La rencontre et la victoire de Paul sur le faux prophète et magicien Bar-Jésus établissent un rapport avec la rencontre de Pierre avec le magicien Simon en Samarie. C'est le signe que les obstacles à l'Evangile ne sont pas seulement le fait des oppositions humaines.

- A Antioche de Pisidie (13,13-50), Paul prêche encore dans la synagogue. Sa prédication est très semblable à celle de Pierre. Mais il soulève l'hostilité des juifs si bien que désormais Barnabé et Paul se tournent vers les "gentils".

- A Iconium (14,1-27), la réaction des juifs est la même et ils doivent partir. De là, ils vont à Lystres où Paul guérit un aveugle de naissance comme Pierre en avait guéri un au temple de Jérusalem (3,1-10). Le pouvoir de guérison de Jésus, transmis à Pierre pour les juifs de Jérusalem, a donc été transmis également à Paul pour les "Gentils".Là Paul soulève également l'hostilité des juifs.

- Il se passe là un étonnant épisode avec les "gentils" (14,8-20), nous donnant l'occasion du premier discours de Paul aux païens.

- Il est lapidé et laissé pour mort. Il se remet et part pour Derbé, puis revient à Antioche où il raconte son expérience à l'Eglise. De là il va se rendre à Jérusalem pour participer à une assemblée dont l'importance est telle que nous allons nous y arrêter plus longuement.

2 - L'Assemblée (ou "Concile") de Jérusalem (15,1-35)

* Le conflit (15,1-6)

Au premier verset du chapitre, des judéo-chrétiens venus de Jérusalem contestent l'accueil des "gentils" dans l'Eglise sans qu'ils aient été circoncis. On pouvait cependant penser que la question avait été réglée quand Pierre, de retour de chez Corneille, avait justifié l'accueil des païens sans qu'ils soient circoncis. Mais une chose est d'accueillir dans une Eglise très majoritairement judéo-chrétienne quelques "gentils", une autre d'accepter des Eglises, celles fondées par Paul, entièrement constituées de "gentils", c'est-à-dire des gens qui n'avaient rien de commun avec les juifs, sauf les Ecritures. A ce propos, je vous rappelle ce que Paul, dans l'épître aux Romains (Rm 11,13-15), disait ce qui arriverait à la suite de sa mission auprès des païens : ils sont une branche sauvage greffée sur l'olivier d'Israël, mais, finalement, par jalousie, Israël viendra à la foi au Christ et tous seront réconciliés.

En l'occurrence, ces judéo-chrétiens étaient beaucoup plus réalistes. Ils voyaient bien que Paul avait entamé un processus qui mènerait à ce que le christianisme devienne à peu près totalement une Eglise de "gentils". Remarquons ici que les conservateurs, ceux qui veulent que rien ne bouge, sentent souvent beaucoup mieux où mènent les changements prônés par les modérés. En fait, loin d'être une greffe sur l'arbre d'Israël, les chrétiens issus du paganisme deviendront l'arbre lui-même. Alors pour stopper cette catastrophe qu'ils pressentent, les opposants à Paul attaquent le principe qui consiste à admettre dans l'Eglise des gentils sans qu'ils deviennent juifs (c'est-à-dire sans qu'ils soient circoncis). Ils en font tant que l'Eglise d'Antioche décide que Paul et Barnabé iront à Jérusalem pour débattre de ce problème avec les "autorités", les "colonnes"de l'Eglise, comme dira Paul dans le récit qu'il fera de cette assemblée dans son épître aux Galates (Ga 2).

De fait, Paul ne pouvait rester isolé de ces "colonnes". Bien qu'il ait reçu sa mission d'annoncer l'Evangile d'une révélation de Jésus-Christ, il ne pouvait risquer une division avec l'Eglise mère de Jérusalem qui nierait la nature même de l'Eglise. Et on sent bien que, malgré la certitude qu'avait Paul du bien-fondé de son action, le résultat de cette démarche était loin d'être certain. Aussi Paul, habilement, emmène avec lui Tite, un "gentil" incirconcis, il mentionne ce fait dans son épître aux Galates (Ga, 2,3). En effet, ces gens de Jérusalem, ces pharisiens devenus croyants, ces défenseurs de la circoncision, n'avaient jamais vu de ces nouveaux chrétiens. D'autre part, il est difficile d'affronter en public des gens qui manifestement croient au Christ et de leur dire : Vous n'êtes pas de bons chrétiens puisque vous n'êtes par d'accord avec moi ; aussi Paul, comme il le raconte aussi dans son épître aux Galates (2,2), commence par exposer ses arguments en privé. Se confronter publiquement aux autorités c'est généralement agir à courte vue. La réaction première des autorités est le plus souvent défensive ; en privé, elles peuvent évoluer sans perdre la face.

 

* Le récit du déroulement de cette assemblée (15,6-21)

Suit alors le récit de cette assemblée si importante pour l'avenir du christianisme où il fut décidé que le mouvement initié par Jésus se répandrait au-delà du judaïsme pour devenir une religion distincte et séparée qui va s'étendre jusqu'aux extrémités de la terre.

La discussion publique à Jérusalem est le noyau de l'affaire. Trois participants y sont impliqués : Paul d'une part et les défenseurs de la circoncision de l'autre, mais aussi Pierre et Jacques qui, je vous le signale, était à la tête de la communauté de Jérusalem (Nous l'avons déjà rencontré puisque c'est à lui que Pierre délivré de sa prison envoie raconter ce qui lui est arrivé - 12,17). Ce récit place l'intervention de Paul, dans la discussion, entre le discours de Pierre et celui de Jacques qui est celui qui, finalement, décide. Il avait en effet derrière lui l'Eglise de Jérusalem, ce qui le situe là comme plus important que Pierre.

Ce dernier se fonde sur son expérience : Dieu a envoyé l'Esprit sur Corneille l'incirconcis. Alors que pour certains judéo-chrétiens il apparaissait impossible d'être chrétien sans d'abord devenir juif, Pierre rappelle que ni les juifs, ni les judéo-chrétiens n'ont été capables d'observer la Loi qu'ils voudraient maintenant imposer aux païens.

Puis, Paul et Barnabé racontent ce qui s'est passé chez les "gentils" et la façon dont ceux-ci sont parvenus à la foi sans passer par la circoncision. Leur témoignage justifie la position de Pierre.

Quant à Jacques, il s'appuie sur l'Ecriture comme on pouvait s'y attendre d'un hébreu conservateur : les prophètes ont prédit que les "gentils" viendraient et la loi de Moïse a autorisé les "gentils" incirconcis à vivre au milieu du peuple de Dieu à condition qu'ils s'abstiennent de certaines souillures dont il dresse la liste. La communauté de table entre juifs et païens est donc admise, mais un certain nombre de règles paraissent nécessaires pour que chacun respecte la culture et le droit de l'autre.

On peut s'étonner qu'il n'y ait, dans ces trois discours, aucune référence à Jésus. Aucun ne dit : Jésus nous a dit de faire ainsi. Bien sûr Jésus n'a jamais parlé de cela. En fait, on aurait pu penser que les partisans de la circoncision auraient pu arguer de ce que Jésus avait dit qu'il n'était pas venu abolir la Loi, mais l'accomplir ! C'est ici sans doute le premier cas où ceux qui refusent tout changement dans l'Eglise ne s'appuient pas sur le fait que Jésus n'a jamais fait ceci ou cela, alors que ceux qui prônent le changement en appellent à la signification de l'enseignement du Christ dans une situation inconnue du Jésus de l'histoire.

En tous cas Pierre et Jacques entendent maintenir l'unité entre l'Eglise des judéo-chrétiens et celles de Paul et des "gentils".Luc insiste sur l'aspect normatif et universel des décisions prises. Il ne s'agit pas de décisions locales, toute l'Eglise, en la personne des Apôtres et des Anciens, est présente et entérine les décisions annoncées par Jacques. La route est désormais ouverte pour une évangélisation "jusqu'aux extrémités de la terre". Le "projet" d'avenir que Dieu avait "dès le début" prend corps.

 

* Le retour de Paul et Barnabé à Antioche (15, 30-35)

Paul et Barnabé sont porteurs d'une lettre précisant que la circoncision n'est pas exigée des "gentils" convertis. Ils étaient cependant tenus de s'abstenir des quatre choses prescrites par le Levitique (17-18) aux étrangers vivant en Israël : manger de la viande offerte aux idoles, consommer du sang, consommer des animaux non rituellement abattus et les unions consanguines. Elles ont pour but de permettre aux judéo-chrétiens et aux pagano-chrétiens de se fréquenter, de manger ensemble et donc, notons-le bien, de célébrer ensemble l'eucharistie. La mise par écrit de ces décisions en souligne là aussi l'aspect normatif. Paul et Barnabé reviennent donc à Antioche avec la bonne nouvelle que les "gentils" sont libérés de l'obligation de la circoncision.

Mais si on compare ce récit avec celui que fait Paul dans son épître aux Galates (Ga 2, 11-16), on s'aperçoit que l'histoire a été plus complexe. Des disputes sont nées à propos des prescriptions alimentaires décidées par l'Assemblée de Jérusalem. Paul soutient que les "gentils" n'y sont pas obligés et Pierre, venu à Antioche, adopte aussi cette attitude et en particulier la communauté de table et agit en conséquence. Mais voilà que surviennent des hommes de l'entourage de Jacques qui exigent le respect des décisions de Jérusalem qui entraînent donc la séparation lors des repas, en particulier lors de l'eucharistie. Pierre cède à la grande fureur de Paul qui maintiendra, dans ses lettres, pour les Eglises qu'il suscite, que les païens ne sont pas liés par les prescriptions alimentaires des juifs. C'est dans son altercation avec Pierre que Paul énoncera sa célèbre affirmation de "la justification par la foi" que Luther reprendra : "Nous savons que l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la Loi, mais seulement par la foi en Jésus-Christ" (Ga 2,16). En fait, dans la zone d'influence de l'Eglise de Jérusalem, c'est-à-dire Antioche, la Syrie et la Cilicie, où les judéo-chrétiens sont probablement très nombreux, les païens restèrent liés à ces prescriptions. Pour conclure remarquons donc que l'assemblée de Jérusalem maintenait l'unité entre toutes les Eglises, mais ne garantissait pas l'uniformité du style de vie et des pratiques. C'est à noter !

3 - Le deuxième périple de Paul

Dans ce deuxième voyage, Paul va aller d'Antioche en Grèce, via l'Asie Mineure et il reviendra à Antioche. Il repasse par des villes visitées durant son premier voyage, puis se rend à Troas où il a la vision d'un macédonien qui lui demande du secours. Il décide alors de passer en Europe et de se rendre en Grèce. L'auteur des Actes interprète ce moment comme inspiré par Dieu. L'extension de la foi chrétienne à l'Europe est présentée par Luc comme appartenant de manière évidente au dessein de Dieu.

Nous ne pouvons, faute de temps, suivre ce voyage. J'ai choisi de voir seulement le discours de Paul à Athènes parce qu'il s'adresse à des païens dont la culture régnait sur le monde à cette époque (17,16-34). Dans son auditoire, il y a des représentants des grands courant philosophiques grecs, à savoir les épicuriens et les stoïciens. Loin de leur dire qu'ils ne croient qu'à des idoles sans importance, il part donc de leurs croyances, de leur culture. Il s'efforce de partir de notions courantes dans la philosophie grecque ; il cite des philosophes et des poètes grecs ; il s'efforce de retrouver dans la pensée grecque des analogies avec son message. Par exemple, au verset 25 comme au verset 28, il fait le parallèle entre un des thèmes des psaumes et une idée platonicienne ; de même, au verset 28, "nous sommes de sa race", l'idée que l'homme est image de Dieu rejoint une pensée familière aux stoïciens.

Remarquez qu'au verset 31, il dit "l'homme" pour désigner Jésus-Christ, mais il ne parle ni de sa vie, ni de sa mort. il le désigne simplement comme le juge suprême dont la résurrection garantit la mission.

Mais le passage le plus caractéristique est la réaction de l'auditoire à son éloquence : les uns se moquent, d' autres le renvoient à ses chères études, certains cependant se convertissent. Il n'empêche que c'est un échec et Paul en restera très marqué. Il n'y a qu'à lire sa réaction dans la première épître aux Corinthiens : "Je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole de la sagesse. Non, je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus-Chris, et Jésus-Christ crucifié".

 

4 – Le troisième périple de Paul

Il refait à peu près le même périple en s'arrêtant toutefois à Ephèse pendant plusieurs années ; Ephèse devient alors, comme Jérusalem et Antioche un grand centre chrétien. Voulant être à Jérusalem pour la Pentecôte 58, pour aller de là à Rome, ce qui arrivera, mais pas cependant comme il le pensait. Il s'arrête à Milet où il fait venir les responsables de l'Eglise d'Ephèse.

Nous avons là un discours sur lequel je voudrais m'arrêter parce qu'après des discours aux juifs, puis aux païens, nous avons là un discours à des dirigeants d'une des principales Eglises nouvelles. Il s'agit des "anciens". Qui sont-ils ces Anciens ? Ce sont des hommes établis à la tête des Eglises comme ils étaient établis à la tête des communautés juives. Notons qu'on les nomme aussi "presbytres" dans les épîtres, en particulier dans les épîtres pastorales qui sont postérieures à Paul quoique ce dernier soit désigné comme leur auteur. Généralement ils ont été désignés par les Apôtres, y compris par Paul en ce qui concerne les Eglises qu'il a fondées.

A la suite de ce voyage Paul retournera à Jérusalem où il sera emprisonné puis emmené à Rome. On peut donc considérer ce discours comme son discours d'adieu et son testament à des gens qu'il ne reverra plus. Il commence par une apologie de sa vie où il réfléchit sur la manière dont il a servi le Seigneur ; suit l'annonce de l'emprisonnement et des souffrances qu'il devra subir. Dans ce triste contexte, Paul appelle les anciens qu'il a nommés à être les pasteurs du troupeau dont l'Esprit les a fait "gardiens" (le mot grec est "episkopos" – d'où notre mot "évêque" – celui qui garde, surveille, veille à la vie et la doctrine de la communauté). L'emploi du mot troupeau 'implique la notion de berger et donc pour les gardiens non une notion d'autorité, mais plutôt l'obligation de prendre soin du troupeau, de ne pas le laisser dévaster, bref le souci pastoral, terme qui dérive d'ailleurs de la notion de troupeau. Le danger vient en effet des fausses doctrines (verset 30).

Enfin Paul souligne qu'il a pourvu à ses besoins, ne convoitant ni l'or ni l'argent. On voit d'ailleurs que les lettres pastorales mettront en garde les presbytres contre l'amour corrupteur de l'argent, ce qui était une vraie tentation pour des gens qui géraient les fonds communs.

 

5 – La montée à Rome : "jusqu'aux extrémités de la terre"

Paul se rend donc à Jérusalem où il est reçu par Jacques et les anciens de la communauté chrétienne. Il raconte ses succès auprès des gentils. Mais des fanatiques fomentent une émeute en prétendant qu'il avait profané le temple en y introduisant des gentils. La citoyenneté romaine de Paul le protège, il est amené devant le Sanhédrin où, habilement, il provoque une dissension entre saduccéens et pharisiens à propos de la résurrection des morts Les uns y croient et les autres non. Le tribun romain le tire de la mêlée et il est traduit devant le procurateur romain, Félix. Ce que Paul dit de lui-même en 24,14 est assez remarquable à propos des accusations des juifs : "Je t'avoue ceci : c'est suivant la Voie, qualifiée par eux de parti, que je sers le Dieu de mes pères, gardant ma foi à tout ce qu'il y a dans la Loi et à ce qui est écrit dans les Prophètes".

Finalement Paul refuse d'être jugé à Jérusalem et en appelle à César, ce qui veut dire qu'il doit être amené à Rome pour y être jugé . Suit le récit de son voyage. Paul survécut à divers incidents dont une tempête et les guérisons qu'il effectue à Malte qui montrent que le souci missionnaire ne l'avait pas quitté. Il arrive à Rome, "l'extrémité de la terre", après plus d'une année de voyage. Il semble que des communautés chrétiennes y existaient depuis une vingtaine d'années. Il prêcha à Rome pendant deux ans avant sa mort.

Notons la toute fin des Actes : "Il proclamait le Royaume de Dieu (ou "la Parole de Dieu") et enseignait ce qui concernait le Seigneur Jésus-Christ avec une pleine assurance et sans obstacles". La Parole de Dieu a atteint les "extrémités de la terre", l'avenir est ouvert pour elle, l'avenir est devant elle.

Dans les Actes, Luc a donc voulu montrer comment l'évangélisation a été faite par les premiers chrétiens en nous incitant à en tirer des enseignements. Si nous savons le faire, nous apprenons à être ensemble les témoins du Ressuscité dans des Eglises diverses, mais que cette diversité n'empêche pas de constituer un seul peuple. Il nous amène aussi à croire qu'à travers les événements, les incidents qui jalonnent nos vies, la vie de nos Eglises l'Esprit Saint en toujours en action pour annoncer à travers nous le salut de Jésus-Christ.